William Klein a toujours tracé sa route d’artiste et de photographe en solitaire, en dehors des clous, suivant son instinct. Installé sans regret loin de son pays of his origin, les Etats-Unis, avec lequel il a entretenu une relation d’amour-haine, cet amoureux de la peinture s’est jeté à corps perdu dans la photographie. Et il a donné naissance à un des livres de photo les plus frappants et les plus mythiques de l’histoire, Life is Good & Good for You in New Yorkconsacré à sa ville natale.
Arisen in 1956, deux ans avant Les Américains, de Robert Frank, cet ouvrage devenu introuvable est alors un pied de nez à la tradition du reportage, à la photo documentaire et à la photo d’art classique: William Klein y collectionne des images floues, décadrées, il montre des humains coupés ou serrés in the image, accumulate in the pages mots and advertisements, traçant the corrosif portrait of a villa saisie par la folie consumériste.
Le style libre et accidenté de Klein a fait sensation et a été partout copié, mais le photographe ne s’est jamais reposé sur ses lauriers: passé de la photo de rue à la mode, puis au cinéma avec des films ouvertement politiques, the n ‘a pas hésité à revisiter son œuvre, à peindre par dessus, à agrandir ses images démesurément ou à inventer des accrochages spectaculaires. The photographe, connu aussi pour son ironie et son verbe acerbe, est mort samedi 10 septembre, à l’âge de 96 ans, à Paris, la ville où il avait élu domicile dès l’après-guerre.
Méfiance à l’égard des illusions du rêve américain
Neither April 19, 1928 in New York of parents juifs hongrois, William Klein a connu tôt la déchéance social lorsque son père, lancé dans les affaires, boursicote et perd toute sa fortune dans la crise. Cette enfance passée dans la pauvreté et les mauvais quartiers a sans doute forgé are characteristic of him, difficult, et sa méfiance of him face aux illusions du rêve américain. Dès adolescence, le jeune Klein s’échappe de chez lui et passe son temps au Museum of Modern Art, des rêves de peinture plein la tête. Il parviendra à ses fins à Paris, après la guerre: soldat démobilisé, il peut profiter d’une bourse et s’y installe avec sa femme Jeanne Florin, une Française rencontrée par hasard dans la rue à vélo – cells-ci deveendra mannequin et peintre et remain fifty ans knows companions.
In Paris, Klein délaisse rapidement les enseignements du peintre André Lhote pour ceux du moderniste Fernand Léger: celui-ci, plus en phase avec son temps et avec l’énergie de la cité, he enseigne surtout à “Ouvrir les yeux”. A l’époque, Klein peint des toiles influencées par abstraction géométrique. C’est d’ailleurs abstraction qui le mène à immagine fixe: the se half à la photographie pour créer des motifs géométriques aléatoires à partir de panneaux coulissants dessinés par un architecte, Angelo Mangiarotti. Ses images étonnantes di lui vont séduire Alexandre Liberman, le mythique directeur Artistique du magazine Voguehere he offers a contract in New York in 1954. C’est le début de l’aenture photographique.
De retour dans sa ville natal, équipé d’un appearil acheté d’occasion à Henri Cartier-Bresson, Klein s’attaque alors à a “journal en images” qui épingle cette ville où il ne se reconnaît pas. Les photos, trop radicales, trop noires, ne seront acceptées ni par Vogue ni par aucun éditeur américain. Il faut dire qu’il s’assoit sur tous les codes en vigueur à l’époque. “J’ai toujours détesté la brume, les effets de draperie, les mises en scène à la con, disait William Klein au Monde en 2005. Je n’étais pas plus convaincu par la photo sentimentale, humaniste, nostalgique et propre, qui dominait au début des années 1950. “ Loin d’endosser le rôle de l’observateur distancié et invisible prôné par son aîné Cartier-Bresson, il rentre dans le cadre: il interpelle les gens, les provoque, les fait rire, et intègre volontiers dans ses images des passants qui regardent l ‘objectif. Avec Klein, the photographe n’est plus un témoin, mais un acteur de immagine. Dans sa photo la plus célèbre of him, un enfant au regard haineux pointe un revolver vers le spectateur: “Mais c’était pour rigoler !, soupirait le photographe, excédé par les interpretations au premier degré de son image. Je lui ai dit: “fais le méchant“ “.
Dégoût du consumérisme
Là où Cartier-Bresson poursuit l’équilibre de la composition, la rigueur géométrique et la poésie, the instant de grâce suspendu, Klein préfère entasser les personnages dans le cadre grâce à un objectif grand angle: ses images racontent une course-poursuite effrénée à travers les différents quartiers de New York. Pour son livre di lui, Klein dessine lui-même une maquette mouvementée, inspirée des tabloïds, avec des images de différentes tailles imprimées à fonds perdus, et des formulas lapidaires inscrites en travers des pages. Du genre: “New York is a Monument to the Dollar”. Il y donne libre cours à son dégoût du consumérisme triomphant. On devine l’arrivée du pop art dans cette œuvre qui porte un titre en forme de rengaine publicitaire – Life is Good and Good for you in New York – et où Klein intégre dans ses images les typographies des réclames et des enseignes. C’est à partir de la même matière qu’il signera un premier court métrage en couleurs, Broadway by light (1958), promenade étourdissante et hallucinée dans les néons de la ville.
Mais la tonalité du livre, too impertinent and radical, ne passe pas. “Mes photos new-yorkaises sont d’un anti-américanisme primaire, secondire, tertiaire et quaternaire”, disait William Klein. Et comme Robert Frank, the verra son projet de livre boudé aux Etats-Unis, ne trouvant un éditeur qu’en France: le cinéaste Chris Marker, alors director of collection au Seuil publiera le livre en 1956. Il faudra attendre les années 1980 pour que Klein soit enfin salué dans son pays d’origine. En Europe, en revanche, l’ouvrage fait aussitôt sensation. La réputation du livre retentit jusqu’au Japon, où il aura une influence majeure – par exemple, sur la carrière du photographe Daido Moriyama qui se souvient du choc ressenti. «J’avais 20 ans, et soudain, ça avait de la gueule de faire de la photo! “, déclarait le Japonais here at exposé au côté de Klein in 2012 à la Tate Modern de Londres.
Après New York, Klein signera trois autres livres sur des villes: Rome (1958), Moscou (1964), Tokyo (1964), dans le même style spontané et accidenté. Le premier naît alors que le photographe, enthousiasmé par l’œuvre de Fellini, travaille as assistant pour le cinéaste sur Les Nuits de Cabiria. Le film est sans arrêt retardé, et Klein en profite pour photographier les quartiers peu touristiques de la ville, la ferveur religieuse, les meetings du Parti communiste, les bustes d’empereur, les graffitis, les publicités, les tournages à Cinecitta, les enfants qui jouent au foot derrière un temple d’Apollon. Une vision qui enchante Pasolini, qui signe les textes du livre, ainsi que Fellini qui aura cette phrase: «Rome est un film, et Klein l’A réalisé. ”
De la photo de mode au cinéma
Grâce à Vogue, Klein se lance dans la photo de mode, where the fait preuve d’une audace et d’une créativité sans frein. Avec des miroirs et des projecteurs, il dédouble les personnages, crée d’étranges reflets ou des formes abstraites. The n’hésite pas à bousculer les mannequins, les fait fumer comme des pompiers ou grimper sur les toits. Et surtout, the les sort dans la rue, pour les frotter aux passants et à la vie quotidienne.
In Rome, chargé de photographier des robes à rayures, Klein a l’idea de créer un écho avec les traits des passages piétons. Armé d’un téléobjectif, the demande aux mannequins de faire des aller-retours sur place, et les photographie de loin. Les passants, qui ne voient pas le photographe, croient que les femmes sont des prostituées et les sollicitent, les interpellent, leur pincent les fesses … jusqu’à ce que l’équipe de Vogue, paniquée, sonne la fin de la séance. Malgré ses talents di lei pour la mode, le photographe ne s’intéresse pas à son sujet of her, et lei n’est guère dupe de ce monde d’artifice et d’argent. Il croquera ce drôle d’univers sous la forme d’une cruelle parodies, dans son films of him, Here êtes-vous Polly Magoo? (1966).
Mais la page photographie se tourne: après ses quatre livres, au sommet du succès, William Klein abandonne the image fixe pour se consacrer au cinéma. Ses films of him, qui témoignent de son engagement politique of him à gauche, lui coûteront d’ailleurs son contrat à Vogue – on n’y apprécie guère qu’il ose filmer la manifestation pacifiste de Washington dans son documentaire Loin du Vietnam (1966). Il ne revient à la photographie que de façon détournée: en organisant des expositions spectaculaires, où il tire ses images dans des formats immenses, qui se téléscopent et se répondent – comme dans sa rétrospective au Center Pompidou in 2005. Ou en revisitant son œuvre di him, encore et encore. Avec de nouvelles versions de ses livres of him. Ou avec ses “contacts peints” of him: Klein recouvre de grands coups de peinture acrylique ses négatifs of him, in imitant the geste du photographe qui sélectionne la bonne image. Une façon de mêler photographie et peinture, mais aussi de mettre en scène sans purée les coulisses des images: sur le négatif, on voit que son célèbre enfant armé est tantôt en colère, tantôt rieur. Une reflexion qu’il prolongera dans la serie de documentaires «Contacts», diffused par Art in les années 1990, which invite des photographes à commenter leurs négatifs et à dévoiler leur processus de création.
Installé depuis l’après-guerre dans an appartement en face du jardin du Luxembourg décoré des toiles de sa femme, the photographe a jusqu’au bout gardé son indépendance d’esprit et sa morgue légendaire. S’il avait confié ses tirages contemporains à la galerie parisienne Polka, il est toujours resté fidèle à sa galerie lyonnaise Le Réverbère pour ses vintage photos of him. Même en chaise roulante, il aimait à rembarrer sans égard les admirateurs gênants, envoyer balader les journalists, et pester contre Donald Trump.
Dates
- April 19, 1928 Naissance in New York
- 1954 Signe a contract with the magazine “Vogue”
- 1956 Sortie du livre “Life is Good & Good for You in New York”
- 1958 “Broadway by light” (film)
- 1958 Livre consacré in Rome
- 1964 Publie «Moscou» and «Tokyo»
- 1966 «Qui êtes-vous Polly Magoo? ” (movie)
- 1966 “Loin du Vietnam” (film)
- 2005 Retrospective au Center Pompidou
- 2022 Mort à 96 ans à Paris

