THEl avait le chic pour brouiller les pistes; he excellait in the art of rebattre les cartes. Notamment entre réel et imaginaire. William Klein n’avait pas son pareil pour transmuer le quotidien en matériau magique. The transformait des scènes de vie les banales en moments de rêverie pure. Son chef-d’œuvre of him, Here êtes-vous, Polly Magoo? en est la parfaite illustration. Dans ce film onirique, sorti en 1966, Dorothy McGowan, joue le rôle d’un top-modèle repéré dans la foule, lors d’un concert des Beatles (emprunt au réel: c’est dans ces circonstances précises que la jeune femme se vit proposer un contrat de mannequinat). Le prince d’un royaume d’opérette (incarné par Sami Frey) s’éprend éperdument d’elle. Mais lei est-elle vraiment la femme sur lequel il fantasmait dans des magazines au papier glacé? Conte de fées moderne, ce long-métrage est à la fois une allusion voilée à l’histoire d’amour between Grace Kelly and the prince Rainier de Monaco. Mais also une critique féroce de cette “société du spectacle” que dénoncerait, un an plus tard, Guy Debord dans un essai fameux.
Tour à tour peintre, photographe et réalisateur d’une vingtaine de films, tantôt de fiction, tantôt documentaires, William Klein, décédé le 10 septembre à Paris, avait, comme son ami Chris Marker, une qualité rare. The visionnaire était. Ses films by him, en forme de paraboles, en témoignent. In 1969, son Mr Freedom prenait la forme d’une comédie déjantée moquant le bras de fer, sur fond de guerre froide, entre deux super-héros: un américain (Mister Freedom, donc), the authre russe (Moujik Man). Ces deux personnages ignorant que la veritable menace vient d’un troisième protagoniste, a dragon surnommé «Red China Man». Sept ans plus tard, William Klein signs an autre film d’anticipation avec Le Couple témoin. There encore, the farce dissimulait une prophétie puisqu’André Dussollier et Anémone jouent le rôle de deux cobayes scrutés par des équipes de scientifiques sans scrupule, dans le cadre d’une étude commandée par a sinister ministère dit “de l’Avenir”. There encore, the humor enveloppait une dénonciation cinglante des instituts de sondage de l’époque pompidolienne desireux de saisir, par le biais de statistiques, les évolutions de la société. Cette intrigue take aujourd’hui, or les algorithmes des géants
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A Paris déterminant
William Klein was born in New York on April 19, 1928 in une famille d’immigrés hongrois. “Mon grand-père avait crossed the Atlantique. The était suit et incarnate le rêve américain. Parti de rien, il avait si bien réussi qu’il était parvenu à s’offrir une voiture décapotable. Voiture dans laquelle the devait d’ailleurs will find the mort, au cours d’un accident de la route. Mon père, en revanche, a dilapidé family fortune », résumait William Klein. Enfant précoce, il s’était beaucoup cherché, tâtant d’abord d’études de sociologie, de psychologie et de littérature au prestigieux City College de Harlem, avant de se consacrer à la peinture et, un temps, à l’architecture. Pendant son service militaire, the avait travaillé comme opérateur-radio en Allemagne puis en France. Sa découverte di lui de Paris avait été déterminante. C’est là qu’il était must be photographe de mode par hasard. «Un jour, j’ai gagné un appearil photo au poker. C’était un vieux Rolleiflex. Je l’ai essayé dans les rues et ça a été une révélation », racontait-il.
À la Sorbonne, où il avait suivi, en auditeur libre, des cours de sociologie, il avait rencontré le peintre Ellsworth Kelly de cinq ans son aîné. Mais aussi sa future femme about him: Jeanne Florin. William Klein qui fréquentait, also, le peintre Fernand Léger s’était risqué, sur ses conseils, à la photo abstraite. The avait commencé par des clichés d’architecture where the s’évertuait à souligner les motifs géométriques des bâtiments. Il avait ensuite arpenté les musées et galeries d’art tentant d’introduire du mouvement dans les tableaux qu’il flashait, en bougeant au moment où il déclenchait et en s’arrangeant pour que le temps de pause soit suffisamment lent pour instiller un flou volontaire à ses images of him.
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La série new-yorkaise
In 1951, Giorgio Strehler reputed ces curieux clichés, aux faux airs de Miró, and he proposed de les exposer in the halls of the Piccolo Teatro de Milan. William Klein at 23 ans. The architect and designer Angelo Mangiarotti tombs en arrêt devant ses motifs dansants of him. Klein se retrouve publié dans la revue Domus. The est lancé. L’un des abonnées de ce titre, created by Gio Ponti, appeals en effet Alexander Liberman. In the evening I am Pygmalion of him. Directeur du magazine Vogue, the a fait de ce magazine un véritable laboratoire, faisant émerger une nouvelle génération de photographes de mode, dont font partie Lee Miller, Irving Penn ou encore Richard Avedon. The Klein embauche.
Le tempérament “révolutionnaire” du jeune photographe va s’épanouir dans les pages de Vogue. Klein fait sortir les mannequins des maisons de haute couture dans la rue, there which ses prédécesseurs les cantonnaient à des séances de poses en studios. Le jeune homme in besoin de bouger. The défriche also les pages «tourisme». C’est ainsi qu’il visits la Hollande in 1955, tentant de réaliser a portrait du pays à travers a portfolio. Quelques mois plus tard, his retourne to New York, his ville de son enfance. Il y shoote la mosaïque de ghettos qui la constituent. The ne cherche pas tant à esthétiser Manhattan qu’à réapprivoiser les quartiers qu’il a quittés près de dix ans auparavant et qu’il peine à reconnaître. «New York ne me revenait pas. Je trouvais la ville presque antipathique. Je voulais lui régler son compte of him », plaisante-t-il. Détail amusant: cette série new-yorkaise, William Klein la réalise avec le boîtier that he a vendu un jeune photographe français. Son of him? Henri Cartier-Bresson. The idea of a livre imposed itself on Klein. The will take the form of a journal. Mais aucun éditeur américain n’accepte de publier cet ouvrage. “On me reprochait des images crasseuses de New York”, soupirait-il. Le jeune homme se tourne alors vers un éditeur français. Le Seuil in the evening. «Dans cette maison d’édition, qui vivait alors de la vente de livrets de chants scouts, travaillait un homme qui, pour moi, résume tout le génie français», tells Klein.
L’amitié de Chris Marker
Cet homme s’appelle, de son vrai nom, Christian Bouche-Villeneuve. Il a sept ans de plus que William Klein et déjà deux vies. Fils d’un banquier pétainiste, the s’engage dans la résistance. Il est arrêté et manque d’être fusillé. À la Libération, il décide de devenir artist et take le nom de Chris Marker en 1949 lorsqu’il publie son premier roman of him (Land Cœur net). The devient ensuite graphiste pour une collection de tourisme («Petite Planète»). Son bureau of lui est un univers à part. “Quand je suis entré, j’ai d’abord vu un Martien. Marker avait un pistolet laser en plastique en bandoulière et des vaisseaux spatiaux étaient accrochés au plafond, suspendus à des fils », rigolait Klein en se rappelant cette rencontre professionnelle.
Marker s’enthousiasme pour les images de Klein, qui donnent à voir des rues déglinguées et des passants abrutis de fatigue. «William to réussi à saisir la mad brutalité de cette métropole», énonce-t-il en découvrant ces photos. Il descend voir le patron du Seuil et he proposed le marché suivant: “Soit je fais ce livre avec William Klein. Soit je démissionne. »L’ouvrage sera publié, quelques mois plus tard, sous le titre Life Is Good and Good for You in New York: Trance Witness Revels. The publication fait scandale outre-Atlantique. Mais elle est recompensée par le prix Nadar en France. Federico Fellini tombs en arrêt devant ce livre. «Fellini proposed me to devenir son assistant of him. Il en avait déjà cinq ou six, ce qui m’a rassuré parce que je n’avais aucune idée de ce qu’était un tournage », confiait le photographe. The student will learn the methods of realizing in the studios of Cinecittà, in the south of Rome. En marge du tournage des Nuits de Cabiriathe réalisera aussi son deuxième livre (Rome).
Debuts au cinéma
En 1958, sur les conseils d’Alain Resnais, William Klein tourne son premier court-métrage, Broadway by Light. Expérimental, this film is consacré aux enseignes aux néons et autres publicités lumineuses de Time Square. «Les Américains ont inventé le jazz pour se consoler de la mort; la star pour se consoler de la femme. Pour se consoler de la nuit, ils ont inventé Broadway », resume Chris Marker qui travaille avec lui sur ce projet. Les deux hommes feront a bout de chemin ensemble tentant d’enregistrer sur pellicule les mouvements chaotiques de leur époque. William Klein writes alors Pierrot mon ami pour Charles Aznavour et Zizi Jeanmaire, corn ne parviendra pas à monter la production. The attempt d’adapter Zazie dans le métro de Raymond Queneau, travaille avec Louis Malle qui s’est attelé au même projet. Mais lui doit renoncer. “Il ne peut y avoir qu’un capitaine dans un bateau”, éludait-il.
Après avoir consacré deux autres livres-portraits aux villes de Moscou et Tokyo, William Klein suit alors the boxers Cassius Clay et réalise deux documentaires épiques sur le grand Mohamed Ali. «Ce boxeur noir, convert to Islam, avait une vraie dimension politique», écrit le photographe. Dans avion qui emmène à Miami, avant un combat de Mohamed Ali, William Klein rencontre Malcolm X. “Personne ne voulait s’asseoir près de lui. J’ai donc pris place à ses côtés of lui et nous avons sympathisé pendant le trajet », déclarait William Klein. «J’ai l’Impression que Malcolm X trouvait ça drôle qu’un juif de New York, installedé à Paris, vienne filmer un Noir à Miami. “
Des films de plus en plus engagés
À partir de cette date, les films de William Klein vont se faire de plus en plus politiques. Il ne cessera de se jouer des genres et se frottera aux combats de son temps: pour les droits civiques (Eldridge Cleaver, Black Panther), contre la guerre au Vietnam et impérialisme culturel, participant notamment au Festival panafricain d’Alger en 1969 . Ce qui ne l’empêchera pas de traiter aussi de sujets plus légers, comme le tennis avec The Frenchconsacré à l’Open français de Roland-Garros in 1981. Ou Mode in Francesur les défilés parisiens, in 1984.
William Klein reviendra à la photo à la fin des années 1980, publiant coup sur coup Close Up (1989), Turin 90 (1990) et In & Out of Fashion (1994), ainsi que de nombreuses monographies sur des créateurs de mode. Ses clichés of him, aux cadrages audacieux, donnent à voir beaucoup de portraits, réalisés dans la rue par surprise, sans souci de “pose” ni des convenances. «Ces photos volées, je les ai réalisées en pensant à ce que m’avait recommandé Fernand Léger», tells William Klein. “Le peintre avait coutume de dire: Ne vous faites pas chier avec des collectionneurs et des galeristes, arrangez-vous juste pour trouver a motif qui vous permits de rester au cœur de la cité », Disait-il. Avant de conclusure, dans un grand éclat de rire: “C’est ce que j’ai essayé de faire. “
