Volé, vendu trois fois … La quête de trois frères pour retrouver leur tableau, estimé à 9 millions de dollars

Derrière l’écran de son ordinateur, dans la vast cuisine de sa maison de vacances sur la Côte d’Azur, en polo jaune sans faux pli, Henri W., 72 ans, a le sourire poli de qui ne veut pas déranger. Avec ses frères of him Jean-Louis et François, ils sont, décrit leur avocat Gilles-Jean Portejoie, «raffinés, élégants, courtois comme ça ne se fait plus “. Jusqu’à attempter d’élucider en toute discrétion l’enigme du vol d’un tableau de très grande valeur. Intitulé Compositionet peint par une figures de l’expressionnisme abstrait, the peintre américaine Joan Mitchell, the avait été légué à leur mère par leur grand-per, le galeriste parisien Jacques Dubourg. Après des années d’errance au civil depuis the disparition de la toile in 2007, les voilà launched in a combat au pénal.

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En février 2022, les trois héritiers ont porté plainte contre X avec constitution de partie civile devant le doyen des juges d’instruction de Paris pour « recel de bien provenant d’un vol “Et” pour toute autre infraction que l’enquête permrait de révéler “. Car the information judiciaire ouverte depuis lors pourrait mettre au jour a plus vast scandal. As of 2004, the Office central de lutte contre le trafic de biens culturels (OCBC) avait levé le voile sur un « système mafieux »De« vols en banda organisée »Par des intermédiaires de l’hôtel des ventes de Drouot in Paris. Les mêmes géraient l’entrepôt où avait été remisée l’œuvre disparue.

Un tableau géant disparu, vendu trois fois

L’affaire Joan Mitchell débute en 1987 lorsqu’une riche veuve, Jacqueline Dubourg, la mère des trois frères, fait appel à un commissaire-prizeur de confiance, recommandé par son notaire, pour vider de ses nombreux tableaux la maison familiale des Yvelines. Le père de Jacqueline, Jacques Dubourg, est décédé in 1981. The était le galeriste du peintre québécois Jean-Paul Riopelle, le Compagnon de Joan Mitchell, alors bien plus célèbre. À l’époque, l’Américaine commence tout juste à se faire un nom en France. La commissaire Suzanne Pagé a été la première à la faire exposer, au musée d’Art moderne de Paris, in 1982.

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En cette année 1987 est dressé un inventaire manuscrit de tous les trésors de la famille Dubourg. Les œuvres sont ensuite entreposées à Bagnolet (Seine-Saint-Denis), in a garde-meuble géré par the “Savoyards” of the Union des commissionnaires de l’hôtel des ventes (UCHV), une confrérie de déménageurs de luxe dissoute en 2010 à la suite du premier scandale judiciaire. Au dos des quatre huiles sur toiles de Joan Mitchell, comme de toutes les autres pièces déplacées, le collaborateur de Me B., commissaire-prizeur, appose en avril the code «G261».

Il est insensé de penser qu’on s’est fait want a tableau, et qu’on ne puisse pas obtenir justice!

Quelques mois plus tard, in November 1987, Me B. effectue un nouvel inventaire des œuvres de l’entrepôt… N’y figurent plus que trois toiles de Mitchell! ” Maman ne s’en est pas aperçue à l’époque regrette Henri W. Elle faisait toute confiance à ce commissaire-prizeur. »In 2007, Jacqueline Dubourg, qui vient tout juste de trouver une place to accrocher le tableau géant (2.50 × 2 meters), demand à le voir. Lei et lei découvre qu’il a disparu. La famille mène quelques recherches, et s’aperçoit non seulement qu’il n’est plus à Bagnolet, mais qu’il a été vendu deux fois! In 2004 for Sotheby’s in New York for 900 000 dollars, and 16 mai 2007 for the maison Christie’s for 3 million dollars. Du fait de ses dimensions, le tableau abstrait est aisément identifiable. “Je le connais depuis que j’ai 12 ans,relate Henri W.Mon grand-père l’avait accroché dans la maison des Yvelines.

15 ans de quête, jusqu’ici infructueuse

Lors d’une troisième vente à Sotheby’s, où l’œuvre sera adjugée à plus de 9 millions de dollars, la famille réussit à obtenir, par huissier de justice, une photo de l’Arrière du tableau. On y clairement distinguishes the encodage «G261». Une expertise graphologique confirms qu’il s’agissait bien de l’écriture du collaborateur de Me B. Depuis, les trois frères, qui suivent les grandes enchères à la recherche de leur Mitchell, n’en ont plus entendu parler. Le dernier acheteur, dont l’identité est, c’est la règle, strictement confidentielle, a dû s’y attacher.

Il est insensé de penser qu’on s’est fait want a tableau, et qu’on ne puisse pas obtenir justice,trépigne aujourd’hui Henri W.Il ya un voleur, mais il ya aussi un système, et des maisons de vente qui n’ont pas fait leur boulot.»Lors des trois ventes aux enchères, the catalogs précisaient que le tableau, daté de 1960, avait été«acquis du présent propriétaire directement auprès de l’Arte in 1965“. Une «histoire», Rétorque Gilles-Jean Portejoie, here assène:«The existe dans les dossiers des éléments prouvant que l’œuvre a été frauduleusement soustraite de la collection.

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Après quinze ans de quête infructueuse, les trois frères férus de peinture ont hâte de «connaître la vérité», Résume leur conseil, de l’identité du voleur à cells de son propriétaire actuel, en mémoire de leur mère décédée in 2016. Le system de vols autour de l’hôtel Drouot mis au jour dans les années 2000, qualifié par les enquêteurs de «ancestral pratiques», Alimente chez eux les plus folles suppositions. Me Portejoie, lui, espère que le magistrat instructeur convoquera «rapidly»Ses clients, afin qu’ils puissent accéder à l’enquête. The expoir, pour eux, de retrouver enfin cette image de leur enfance et de la maison de leur grand-père.

Mitchell exposée au côté de Monet

Hasard du calendrier, environ 80 toiles de l’Américaine Joan Mitchell (1925-1992) seront présentées à la Fondation Louis Vuitton à Paris partir du 5 octobre, pour la plus grande retrospective de son œuvre en Europe depuis trente ans. Suzanne Pagé, the commissaire générale de l’exposition, se réjouit de mettre en lumière une peintre méconnue du public français. Elle la décrit comme «une artist attachante, un être à part»Colorant les toiles de ses«paysages intérieurs», Qui mérite cet hommage.

Une cinquantaine d’œuvres issues de l’expressionnisme abstrait dialogueront à la Fondation avec des œuvres du maître de l’Impressionnisme Claude Monet. In 1982, Suzanne Pagé avait déjà fait exposer cette Américaine here a vécu à Vétheuil (Val-d’Oise), où séjourna aussi Monet. À l’époque, Mitchell était moins connue en France that are her companions, le peintre québécois Jean-Paul Riopelle. “Elle a réussi à s’imposer dans un monde d’hommes, dès les années 1950 aux États-Unis,décode la commissaire.Elle aussi, par sa peinture qui insuffle une grande joie de vivre, par son exaltation de la couleur et ses lignes allègres, réussi à surmonter les drames de son existence.

Plana Radenovic avec Marie-Anne Kleiber

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