Un quatuor de femmes face à Poutine

Elles sont quatre, responsables de la diplomatie des plus grandes économies de la planète. Et depuis six mois, elles font front commun pour tenir tête à Vladimir Poutine. Ce quatuor de femmes ministres des Affaires étrangères s’est ligué non seulement pour sévir contre le régime russe et s’assurer que la communauté internationale n’oublie pas de protéger les femmes dans le conflit en Ukraine, mais aussi pour épauler les dirigeantes d ‘ autres pays aux prises avec les conséquences de cette guerre. Une offensive féminine sur tous les fronts. «Il faut se soutenir, entre collègues féminines», souligne en entrevue la graduate en chef du Canada, Mélanie Joly.

Pour la première fois, the majorité des ministres des Affaires étrangères des pays du G7 sont des femmes. Trois d’entre elles sont dans la fortyine. Mélanie Joly est âgée de 43 ans, la Britannique Elizabeth Truss, de 47 ans, et l’Allemande Annalena Baerbock, la cadette du groupe, de 41 ans. Catherine Colonna, nommée aux Affaires étrangères de la France in mai dernier, at 66 ans.

Homologues malmenées

Le contraste est frappant, face à un Vladimir Poutine de 69 ans qui se façonne depuis plus de 20 ans the image of a dirigeant machiste, à coups de clichés de lui torse nu sur un cheval ou maniant la carabine. Vingt-neuf des 32 membres de son cabinet of he sont des hommes.

Son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov – 72 ans, en poste depuis 2004 -, ne s’est pas gêné pour malmener publiquement ses nouvelles homologues. Il a piégé Elizabeth Truss lors de leur première rencontre of her, l’hiver dernier, en discussant des limites territoriales de la Russie et de Ukraine. L’échange, privé, a aussitôt été transmis aux médias russes afin d’embarrasser la nouvelle ministre. Cet été, M. Lavrov at choisi de quitter la rencontre des ministres des Affaires étrangères du G20 en plein milieu de la réplique that he serves Annalena Baerbock.

Copinerie à l’ombre du conflit

«Sergueï Lavrov nous testa toujours psychologiquement», reports Mélanie Joly. «Il a toujours utilisé tantôt le charme, tantôt la menace pour déstabiliser ses homologues of him. Mais nous aussi, on a puissante force déstabilisatrice face to him. Parce qu’on est capables de travailler au sein d’une solidarité féminine et de s’échanger des conseils, des façons de faire et de se soutenir. “

Le lien d’amitié between Mélanie Joly, Liz Truss and Annalena Baerbock at été instantané, se remémore la première. Dès décembre 2021, alors que la Russie commençait à masser ses troupes à la frontière ukrainienne, les trois ministres nouvellement nommées se sont rencontrées à la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7, in Liverpool. Le courant est passé. Ont suivi près d’une dizaine d’autres rencontres du G7, quatre de l’OTAN, une du G20. Les cafés étaient donc fréquents. Les appels et les textos sécurisés le sont aussi.

Et ce, bien que les trois femmes aient des divergences d’opinions et d’appartenance politiques. «Sur la question de Ukraine, on est devenues très vite alliées, parce qu’on avait somme toute the même lecture de la situation. On était unies face à une injustice qui était évidente et qui nécessitait une action très forte. “

Catherine Colonna s’est jointe à elles il ya trois mois. «Au départ, c’était plus un trio. Je suis contente qu’on ait ajouté une femme de plus », lance Mélanie Joly.

S’entraider entre alliées

Au fil des appels teléphoniques et des rencontres, les ministres se sont coordonnées pour imposer des sanctions à la Russie et envoyer de aide militaire à Ukraine. Liz Truss et Mélanie Joly ont également signé une lettre ouverte publiée dans leurs medias nationaux pour condamner les violences sexuelles commises contre les Ukrainiennes à Boutcha et à Irpin en plus d’exiger que les responsables soient traduits en justice. Les ministres ont aidé leur homologue suédoise, Ann Linde, à négocier avec la Turquie afin que le pays accepte adhésion de la Suède à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN).

In the gestion des conséquences géopolitiques de la guerre, on a voulu faire en sorte que les femmes ne soient pas perçues juste comme des victimes, mais aussi comme étant au coeur des solutions

Annalena Baerbock to convoqué a sommet d’alliés européens pour soutenir la president de la Moldavie, Maia Sandu, aux prises avec l’arrivée massive de refugiés. Mélanie Joly a aidé son of her homologue indonésienne, Retno Marsudi, qui préside le G20 cette année, à gérer la présence de la Russie aux rencontres.

“Dans la gestion des conséquences géopolitiques de la guerre, on a voulu faire en sorte que les femmes ne soient pas perçues juste comme des victimes, corn also comme étant au coeur des solutions”, soutient la ministre Joly.

L’entraide féminine au-delà de la collaboration au sein du G7 n’était pas fortuite. «Parce que la misogynie, elle existe. Parce que ce ne sont pas tous les pays qui sont au même niveau quant à la reconnaissance de l’égalité des sexes. “

Après six mois de conflit, Jocelyn Coulon, expert en politique internationale à l’Université de Montréal et ex-conseiller du prédécesseur de Mmyself Joly, observait dans Le Devoir que le front commun international commençait à s’effriter.

“Bien que certains pays soient parfois plus neutres ou plus timides à condamner the invasion, il n’y a aucun pays du G20 qui soutenait la Russie [lors de la rencontre des ministres en juillet] », Rétorque la ministre.

M.myself Joly demeure en outre optimiste, même si son quatuor s’apprête à perdre une joueuse, puisque les polls prédisent que la Britannique Liz Truss evening élue nouvelle cheffe du Parti conservateur et première ministre du Royaume-Uni lundi. “Une femme de plus dans les sphères de pouvoir, c’est toujours une bonne nouvelle pour la cause des femmes”, at-elle indiqué lei, sans pour autant vouloir supposer le résultat du vote des Anglais.

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