Olivier Berné et ses collègues nous ont récemment gratifié de superb images de la nébuleuses d’Orion prises à aide du James Webb Space Telescope; il a accepté de nous raconter l’histoire de cette formidable observation.
Le 12 septembre dernier, the James Webb Space Telescope a fait un superb cadeau aux astronomes et aux amoureux des étoiles en dévoilant ses premières images de la nébuleuse d’Orion. Et il se trouve que cette observation exceptionnelle, nous la devons à une équipe française based on the Institut de Recherche en Astrophysique et Planétologie (IRAP), une structure qui dépend du CNRS; l’astrophysicien Olivier Berné, un des grands artisans de ces travaux, a accepté de nous raconter la redécouverte de ce morceau de ciel iconique.
Tout a commencé en 2017 avec a appel à projets launched by NASA, the agence spatiale américaine here at piloté la construction du télescope. À l’époque, le James Webb était encore très loin d’être opérationnel. Mais l’état-major de agence était déjà sur les rangs, en train de préparer le terrain pour que l’engin puisse démarrer sur les chapeaux de roue.
Elle souhaitait marquer the coup auprès de la communauté scientifique et du grand public; elle a donc sollicité les astronomes pour qu’ils lui proposent des programs à la fois ambitieux et emblématiques, tous centrés autour de thématiques très porteuses de l’astrophysique. L’objectif: montrer ce que le James Webb a dans le ventre à la planète entière.
Des années de preparation
Une information qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Car Olivier Berné et les télescopes infrarouges, c’est une histoire d’amour here a démarré the ya bien longtemps déjà, and here the a suivi sur les bancs de l’Université Toulouse 3; il se trouve que sa thèse of him (soutenue en 2008 et disponible ici) portait sur le télescope spatial Spitzer, an autre représentant important de cette catégorie. Et dans la conclusion, on retrouve même une allusion à un autre instrument familier…
” The James Webb Space Telescope suivra in 2013. Avec son énorme miroir segmenté de 6,5 mètres de diamètre, optimisé pour the infrarouge, cet instrument présentera une sensibilité incoryable », Peut-on lire à la 167e page du document. ” L’un des sujets les plus intéressants avec le JWST evening l’étude des disques protoplanétaires avec une haute resolution spatiale. On peut imaginer qu’il sera possible d’étudier l’évolution des bandes infrarouge à intérieur du disque », Précisait-il. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’Histoire him a woman raison sur toute la ligne – exception faite de la date annoncée!
Ni une, ni deux, son équipe s’est donc empressée de s’inscrire sur la lists des prétendants dans esprit de concrétiser cette vieille romance. Elle a proposé son grand projet d’observation de la nébuleuse d’Orion à la NASA. And the dossier était appears very solid, puisqu’il s’est distingué parmi plusieurs dizaines d’autres programs de pointe. Berné et ses collègues di lei ont gagné leur place sur la lists des 13 équipes finalistes qui ont remporté la récompense tant attendue: une lune de miel avec la nouvelle darling de l’astrophysique.
Une expérience que intéressé décrit volontiers comme « une fiertéa honneur “, Et” a great chance “. Il a cependant dû ronger son frein a certain temps en attendant que le James Webb prenne position sur son perchoir, au point de Lagrange L2 du système Terre-Soleil.
An instrument encore plus exceptionnel que prévu
Cette attentente interminable a pris fin en début d’année lorsque le télescope, désormais installé confortablement sur son orbite, for the sake of aligner ses miroirs et de calibrer ses instruments. Lorsque leur tour est enfin arrivé, Berné et ses collègues of him ont pu réaliser l’observation dont ils rêvaient depuis si longtemps en braquant l’objectif du Webb droit sur la nébuleuse d’Orion pendant une forty d’heures. ” Ça faisait des années qu’on attendait cette mission », Explique-t-il.
” When les images sont arrivées dans la nuit, nous nous sommes rués au laboratoire », If remémore-t-il. With him collègues, ils ont can suivre en almost direct the arrival of a paquet cadeau numérique chargé de 60 GB. Pour the anecdote, the s’agissait de la version traitée et réduite; le poids des données brutes, en revanche, se chiffrait plutôt en TB.
Quoi qu’il en soit, c’est à ce moment qu’ils ont découvert pour la première fois le cœur de la nébuleuse d’Orion, avant que les images ne soient colorisées pour être présentées au grand public. Un moment qu’on imagine chargé d’émotions pour l’équipe, et une bonne occasion de take enfin pleinement conscience des capacités phénoménales de l’instrument.
” Dans des moments comme ça, quand on découvre les premières images d’un program qu’on prépare depuis plusieurs années, on se rend compte de la chance qu’on a de pouvoir utiliser le télescope le plus extraordinaire jamais créé par l’humanité, et de le pointer dans la direction où l’on a envie de le pointer! », Sourit Olivier Berné.
” On a les meilleures resolutions spatiales, les meilleures resolutions spectrales, le plus grand champ de vue qu’on a jamais eu dans un seul instrument … », Énumère-t-il. ” Ça combine tous les meilleurs télescopes que j’ai pu utiliser dans ma carrière. “
Une montagne de données à décortiquer
Un communiqué de presse plus tard, c’est le public qui a pu se régaler des nouvelles images de cette nébuleuse iconique. Mais pour les chercheurs, le travail ne faisait que commencer. Car ce n’est pas seulement pour le plaisir des yeux que le nouveau roi des télescopes tire le portraits à ces objets grâce à sa couronne de réflecteurs; l’objectif prioritaire reste de produce de la science de haute volée. Et c’est ce à quoi the team of Olivier Berné travaille en ce moment.
Une fois les données récupérées, ils se sont lancés in a phase of interpretation toujours en cours à l’heure où ces lignes sont écrites. Et ils sont loin d’en avoir terminé; rien d’étonnant vu la densité des informations rapportées par le JWST. D’autant plus que l’équipe n’a même pas encore récupéré toutes les données associées à cette observation.
” Nous avons d’autres images qui arrivent », Promet Berné. ” The nous reste aussi de la spectroscopie à faire sur les semaines et les mois qui viennent. Cette partie n’a pas encore été programmée », Précise-t-il. ” Pour l’stant, nous sommes en train de regarder toutes les données que l’on a à disposition et de discuter de ce que nous allons sortir en termes de résultats scientifiques le plus rapidement possible », Embraye-t-il.
Après l’observation, place à la publication
Et sans aller jusqu’à parler de course contre la montre, Olivier Berné et ses collègues ne vont effectivement pas devoir traîner. En effet, même s’ils ont été les instigateurs de ce projet, ils n’ont pas l’usage exclusif des données produites, loin de la; les éléments rapportés par le James Webb sont systématiquement disponibles en accès libre, y compris tous ceux here concerning the nébuleuse d’Orion.
Il n’est donc pas exclu que d’autres chercheurs publient des articles de recherche avant les troupes de l’IRAP. Et se faire damer le pion pourrait s’avérer un tantinet frustrating pour cette équipe, connaissant tous les efforts déployés afin d’en arrive there. “ Si d’autres gens sortent des résultats scientifiques à notre place … c’est bien, l’essentiel c’est que tout ça soit publié », Concedes Olivier Berné après une courte hésitation.
Il est beau joueur, et c’est tout à son honneur; mais il admet aussi sans détour que lui et ses collègues of him tiennent beaucoup à assurer the continuity of ces travaux qui leur tiennent très à cœur. ” Nous aimerions quand même pouvoir sortir ces résultats nous-mêmes », Reconnaît-il. ” The implication dans un projet comme ça, elle est telle qu’il ya forcément une partie d’émotion qui rentre en jeu, c’est certain. “
” Quelque chose qui définit l’humanité “
Il ne reste donc plus qu’à attendre que ces superb images livrent leurs secrets les mieux gardés, avec tout ce que cela implique pour les astrophysiciens… mais also pour le reste de la population. A contribution qu’Oliver Berné a tenu à souligner en rappelant que la mission du James Webb – remonter aux origines de l’Univers – n’est pas seulement une affaire de science brute; on peut même considérer que ses travaux of him concernent also the essence même de la nature humaine.
Il insists sur le rôle de l’astrophysique, et plus largement du ciel, dans l’Imaginaire collectif; une fois embarqué dans notre train-train quotidien, the easy east d’oublier que la voûte céleste est also une veritable fenêtre sur l’histoire de l’Univers et des petits humains que nous sommes.
” Cette question des origines, c’est une question qui a animé l’humanité depuis ses débuts et qui, je pense, is important. Aller aussi loin dans la quête de ses origines en fabriquant des choses extrêmement complexes, extrêmement coûteuses, pour essayer de reply à ces questions… à mon sens, c’est quelque chose qui définit l’humanité. “
” Cette remise en perspective, je pense qu’elle est important dans le contexte actuel où on observe des changements depths, par exemple au niveau du climat. Je pense que ça permet aussi de relativiser certaines choses, et c’est très important pour apprécier notre petitesse dans l’ivers et pour apprendre à faire preuve d’humilité vis-à-vis of a certain nombre de choses. “



