The constellation des nouveaux mousquetaires du piano

Samedi soir, en point culminant de la Virée classique de l’OSM, Bruce Liu donnera son premier concert with orchestras au Québec depuis sa victoire en octobre dernier au Concours Chopin. Partout où il se produit, Bruce Liu est célébré comme une apparition pianistique bien plus que comme un vainqueur de concours. Et c’est le cas des lauréats des derniers grands concours internationaux comme quasiment jamais dans l’histoire, avec Alexandre Kantorow au Tchaïkovski, Jonathan Fournel au Reine Élisabeth et, en juin, Yunchan Lim au Cliburn. Portraits de ces artistes à travers quatre grands témoins.

“Est-ce le plus grand 3And Concertde Rachmaninov de tous les temps? »The question here a rapidement émergé sur Internet est évidemment stupide, puisque nul ne peut se targuer d’en avoir entendu toutes les exécutions, mais son emphatique formulation est à la mesure du choc produit par Yunchan Lim, a Coréen de 18 ans en finale du Concours Van Cliburn de Fort Worth en juin dernier.

“Je n’ai jamais vu ça”

Directeur général et Artistique du Concours depuis 2013, le Québécois Jacques Marquis is encore sous le shock: «Ce“ Rach3 ”, je n’en suis pas encore revenu. Ensuite, c’est parti en vrille. Vous avez vu les chiffres, on a dépassé les six millions de vues sur YouTube. Deux jours après the final, Carnegie Hall to call, New York Phil to call, Wigmore Hall to call … Je n’ai jamais vu ça. “

Pour l’organisation du Cliburn, qui gère l’après-concours, a travaild’encadrement inédit se dessine. «On s’assure de ne pas lui donner trop de concerts pour qu’il ait le temps de pratiquer et d’évoluer. En plus, il est encore à l’école à Séoul! “

Ironie du sort, yes the concours avait eu lieu en 2021, comme prévu initialement, Yunchan Lim n’aurait pu se qualifier; il aurait été trop jeune pour participer! Jacques Marquis est impressionné par son lauréat bien au-delà de la virtuosité. «The ne“ surutilise ”pas cette énorme technique; the ne pousse pas les fortissimos et écoute toujours knows sonorité of him. The structure pour un jeune de 18 ans est combinable, ses phrasés et équilibres sonores aussi. Son premier souci of him, c’est la qualité de sa sonorité of him. “

Jacques Marquis a revu récemment son lauréat en concert à Aspen. «The a proposed les Ballades de Brahms, puis est passé aux Variations de Mendelssohn, corn entre les deux, il ne voulait pas d’applaudissements. Donc, il a simplement levé ses mains of him, et the auditoire est resté avec lui pour rentrer dans Mendelssohn. Cette maturité-là est incoryable; il est comme un homme de 55 ans dans un corps de 18 ans avec des moyens de 18 ans. “

À Aspen, Jacques Marquis n’a pas réussi à sortir Yunchan Lim du cadre de discussions musicales. “Quand the joue Après une lecture du Dante de Liszt, the a lu sur Dante; quand on évoque le répertoire russe, il a lu Dostoïevski. Et il a 18 ans! »Au fond,« il est super cohérent, he c’est un amoureux de la musique qui ne fait pas d’autre chose ».

Liszt et Brahms

La “vieille âme de musicien dans un corps jeune”, c’est aussi la description d’Alexandre Kantorow par Renaud Loranger, directeur Artistique du Festival de Lanaudière, qui vient d’accueillir le lauréat du Concours Tchaïkovski 2019 pour son premier concert au Canada . De ces quatre jeunes mousquetaires du piano, Alexandre Kantorow est le plus établi, puisque sa victoire di lui, très suivie grâce à medici.tv, a eu lieu avant la COVID.

Plusieurs qualités recoupent celles de Lim: «Il est d’une souveraineté technique absolue, mais à des années-lumière d’une virtuosité gratuito. Au-delà de la souveraineté instrumental, the ajoute l’expressivité et defend des répertoires pas nécessairement les plus spectaculaires ». «Son program of lui au Festival de Lanaudière avec la 1king Sonatas de Schumann, Scriabine et Liszt le représentait bien ”, estime Renaud Loranger.

It conceals tombs à pic, since the music of Liszt is un peu abandonnée ces temps-ci. “Oui, ya un créneau. Kantorow a une aura très lisztienne », nous dit le directeur Artistique de Lanaudière« sans tomber dans des lignes de marketing un peu vides ». Il pense que Kantorow, qui “a l’air un peu égaré, mais qui est très sérieux”, sera aseez intelligent pour éviter de se laisser cataloguer. “Je pense qu’il se voit autant dans Schubert que dans Liszt”, dit celui qui rêve de lui confier les deux Concertos de Liszt lors d’un même concert.

The 2And Concert de Brahms n’a pas le même impact en compétition que le 3Andde Rachmaninov. Mais celui de Jonathan Fournel en finale à Bruxellesn’en a pas moins ébloui jury, observateurs, critiques et pianistes professionnels. Le jeune Français a confirmé depuis dans la 3And Sonatas de Brahms, a disque paru chez Alpha.

«Je l’ai vu à La Roque d’Anthéron en récital, puis en musique de chambre, Fournel sait à chaque fois adapter la puissance de sa sonorité et son timbre; il est très impressionnant “, nous dit Alain Lompech ancien chef de la section” Arts et Spectacles “du quotidien Le Mondecritique au mensuel Classical. “C’est un très grand technicien, qui fait sonner le piano avec ampleur et projection sans aucune dureté, avec un son plantureux. He c’est très impressivenant. »Selon Alain Lompech, Fournel doit, en marge de tous ses professeurs by him au Conservatoire, cette qualité à« une personne qui le suit depuis qu’il a huit ans: Gisèle Magnan ». Cette pianiste est aussi the founder of an association, Les Concerts de poche, qui rayonne à travers la France et organise des concerts avec des artistes de renom dans des «déserts culturels». “Fournel a appris auprès d’elle cette technique extrêmement accomplie”, juge Alain Lompech qui pense, assurément, que “la musique germanique sera au coeur de son répertoire”: “Ce n’est pas quelqu’un que je vois sur un répertoire Saint-Saëns / Liszt, corn plutôt Beethoven / Brahms. »L’antithèse de Kantorow, donc? «Oui, sauf que Kantorow joue aussi admirablement bien Brahms! “

Alain Lompech nous suggère de garder aussi l’oreille ouverte envers Mao Fujita, 2And Prix ​​du Concours Tchaïkovski: “Beaucoup de pianistes sont admiratifs, Sony Classical a engagé et va publier une intégrale des Sonates de Mozart. »En tout cas, son bilan recoupe le nôtre:« Nous vivons une époque équivalente à la génération 1900-1910, avec Arrau, Horowitz, Serkin, Perlemuter, Cherkassky, et la décennie 1940 (Argerich, Pollini, Freire, Uchida). “

The synthèse

Comment whether it distinguishes Bruce Liu? Nous avons demandé cela à son professeur Dang Thai Son, who here he permis de “quitter adolescence” and de “trouver le meilleur” en lui-même comme nous confiait the pianists après son concours. «Kantorow et Fournel sont les produits de la culture et de l’éducation occidentales. Yunchan Lim east of l’école coréenne. Bruce is the fusion of deux cultures », résume Dang Thai Son. “Bruce est nor à Paris. La vie him with a woman a western education, et sa famille of him, an oriental education. The a pris le meilleur des deux côtés. L’Occident encourage the individualism, the personnalité; la culture asiatique he women flexibilité, souplesse, mais sans ego, sans narcissisme. The a la joie de faire de la musique, mais pas avec un côté “regardez-moi”. C’est un mariage très réussi. “

A ce substrat se greffent “un talent exceptionnel, une intelligence extraordinaire et une maturité qui lui vient de son histoire personnelle”. «Il a émigré au Canada avec son per him, qui a tout donné pour him», nous raconte Dang Thai Son. La précoce maturité a amené Bruce Liu to take the initiatives très jeune.

Les cours du professeur étaient particuliers. “On parlit de la vie, de choses et d’autres, comme des amis. Le temps n’existait pas; cela pouvait durer deux heures ou trois heures. »Dang Thai Son se voit, musically, as a« garde du corps »:« Je signale quand on dépasse les limites ». Et comme Bruce “adore les maîtres du passé”, is ont passé des heures à écouter de la musique.

Cette culture a permis d’affiner le style. “Chopin, on peut le jouer comme Horowitz ou bien comme Cortot, avec tout le champ de rubato, de l’élégance. Pour le Concours Chopin, le tandem ajouté de la liberté au jeu de Bruce. «On ne pas trop de pédale. Dans esthétique contemporaine, le jeu perlé articulé est souvent perdu, remplacé par a trop puissant plan or an abus de pédale. There, on avait de la pureté par le toucher et par la sonorité. “

Depuis le Concours Chopin, Dang Thai Son s’est imposé un mot d’ordre par rapport à son disciple: être là au besoin, mais le laisser want de ses propres ailes.

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