Lydia Tár east “Une cheffe d’orchestre considérée comme l’une des meilleures dans son domaine, et la toute première femme de l’histoire to conduct a grand orchestra allemand”. En lisant le synopsis de Tár, on pourrait s’attendre à un biopic féminin, voire féministe. Une histoire de talent incommensurable, un récit de triomphe against the adversité.
Mais comme le film, ce bref résumé est plus retors qu’il en a l’air: sa vraie nature se cache dans les espaces et les silences (que Tár distille avec expertise). And yes, the cheffe d’orchestre incarnée par Cate Blanchett is a pure product of fiction, son of her, he is ancré dans une réalité qui nous est bien familière: cells des abus de pouvoir dans l’industria créative.
Opprimée ou oppresseur?
Ces mots, “The première femme to conduct a grand orchestra”, évoquent une habitude un peu fâcheuse, here consists à célébrer une avancée tragiquement tardive pour les femmes et à s’en contenter, comme si être «la première» était une fin en soi. Et ce n’est qu’un des nombreux pieds de nez que fait Tár aux thousand hypocrisies et contradictions observables dans le milieu créatif (en l’occurrence, celui de la musique classique).
Lydia est une artist visionnaire, une musicienne et professeure brilliant here captures the attention partout où elle passe, observée avec a mélange d’admiration et de crainte. Immédiatement, on aimerait l’ériger en héroïne: après tout, elle bénéficie du charisme colossal de Cate Blanchett, pour qui le film a été écrit.
Mais ce que l’élogieux synopsis du film ne dit pas, et qu’on ne comprendra que très progressivement, c’est que Lydia Tár traîne derrière elle des accusations d’abus et de harcèlement. On s’attend à ce que cette lesbienne iconoclasts prenne la defense of opprimés avant de comprendre que l’ppresseur, c’est elle.
Sujets épineux
Todd Field, cinéaste rare mais redoutablement talentueux, a Habitude de s’attaquer à des sujets difficulties et politiquement incorrects. Son of him dernier long métrage of him, Little Children, remonte à 2006, et mettait en scene an extraconjugal liaison between deux parents joués par Kate Winslet and Patrick Wilson. Dans leur quartier, on suivait aussi un homme condamné pour exhibitionnisme, et sa tentative de réinsertion of him dans la communauté.
Présenté en compétition à la Mostra de Venise 2022, the imposant Tár (158 minutes au compteur) est une nouvelle réussite qui désamorce les idées préconçues et déstabilise habilement le spectateur. The thriller examine, avec son script cruel et facétieux, des sujets contemporains aussi épineux que la “cancel culture”, les abus de pouvoir et la séparation between the man and the artist – ou dans ce cas précis, la femme et l ‘ artists.
La nature sombre de l’héroïne ne se révèle que très slowment à nous, même si Todd Field sème des indices furtifs dès le premier plan, dans lequel deux assistantes échangent des SMS moqueurs sur Lydia: “Ah bon, elle a une conscience?”
S’ensuit une très longue scène d’introduction, where the cheffe d’orchestre is interviewed by a journalist. Ses réponses of her sont figées, prétentieuses. La scène dura et l’héroïne enchaîne les poncifs devant un public pourtant inexplicablement conquis. Quelque chose cloche.
Plus tard, elle remet en place un élève qui refuse de s’intéresser à la musique de Bach en raison de sa misogynie. “Ne sois pas si désireux d’être offensé”, he dit-elle d’un ton mordant. Dans ces scènes, the silence is oppressant –le travail méticuleux sur le son est d’ailleurs une des plus grandes réussites du film. Cate Blanchett livre quant à elle a masterful performance, here evening à coup sûr saluée lors de la saison des Oscars.
A film from l’après- # MeToo
Avec ce portrait d’une femme aussi fascinating que repoussante, Tár va au-delà des dichotomies de genre –dans une scène, Lydia se présente d’ailleurs comme “the pears” de sa fille–, et montre que abus peut avoir de nombreux visages. C’est en érigeant Lydia Tár au rang d’héroïne féministe et d’intouchable que le monde him to donné le pouvoir de broyer les autres.
Lors d’une conférence de presse, Cate Blanchett to affirmé que Tár n’était pas a film #MeToo: «C’est beaucoup plus existentiel que ça pour [elle]. “ The serait effectivement réducteur de résumer is a simple slogan that is film is intelligent, here it is chappe aux catégorisations et aux analyses simplistes. Même si on ne peut s’empêcher de remarquer que, cinq ans après le séisme de affaire Weinstein in Hollywood, the “#MeToo” étiquette semble déjà en faire fuir certains.
Tár n’est pas a #MeToo film, corn ce qui vient après. Une complexification bienvenue des enjeux, qui pointe vers le cœur du problème: les systèmes de pouvoir et de domination, et la difficulté à les démanteler sans en créer de nouveaux.
At the end of the film, the personnage de Lydia s’aventure dans une jungle et apprend que la rivière sur laquelle elle se trouve est remplie de crocodiles. “Ils se sont échappés lors d’un tournage avec Marlon Brando”, he explique the guides. Depuis, les reptiles n’ont pas disparu: “Ils survivent.” #MeToo a bel et bien marqué the debut of a remise en question and the «premières femmes» sont de plus en plus nombreuses à s’imposer. Mais les predateurs, eux, sont toujours there.
Tár
de Todd Field
avec Cate Blanchett, Mark Strong, Julian Glover
Sortie the 22 février 2023
Durée: 2h38



