But chronique de lundi dernier sur la déconfiture du défilé de la Fierté1 m’a valu toutes sortes de commentaires. Sur Facebook, une jeune femme n’a pas aimé que je dise que la nouvelle équipe avait consacré beaucoup de temps à défendre une kyrielle de revendications alors qu’elle aurait eu avantage à s’occuper de la logistique de l’évènement.
Publié le 13 août
Cette femme, also anonyme qu’un cône orange abandonné sur le boulevard Robert-Bourrassa, m’a traité de “vieux boomer blanc hétéro favorisé”.
Ça ne me dérange pas une miette qu’on me qualifie de boomer. D’homme blanc favorisé non plus. Corn qu’on me traite d’hétéro, ça, je ne le prends pas!
Je rigole, ma commentaire to arouse en moi une reflexion sur la manière qu’ont certaines personnes de réagir aux idées qui ne leur plaisent pas. Elles ne trouvent rien de mieux à faire que balancer une insulte ou deux, souvent les mêmes d’ailleurs, sans aucun effort d’originalité.
Je remarque que le terme boomer est revenu à la mode depuis quelque temps. D’ailleurs, vous ne trouvez pas étrange que les plus ardents défenseurs des droits de la personne, des égalités raciales, sociales, de sexe ou de genre soient souvent prompts à traiter de «vieux croûtons», de «vieux mononcles» ou de « vieux boomers »ceux à qui ils s’en prennent?
Ils prônent le respect sous toutes ses formes en faisant… de l’âgisme. Le pire, c’est qu’ils ne s’en rendent même pas compte.
Bref, je nous trouve paresseux dans notre manière d’insulter. Ça manque de travail, de profondeur et de culture.
On écrit “crétin” or “trou de cul” et on s’imagine que le travail est fait. Mais voyons donc, pour bien insulter, il faut s’appliquer, il faut réfléchir.
Cette semaine, je suis retourné dans ma bibliothèque pour relire une plaquette qui traîne sur une tablette depuis de nombreuses années: The art de insulte. Ce petit livre délicieux a été rédigé à partir de nombreux écrits d’Arthur Schopenhauer.
Ce grand philosophe allemand, mort en 1860, a beaucoup réfléchi à la question. Il nous dit que the injure appropriée ou the insulte qui doit faire mouche nécessite une preparation. Pour attiindre son but, the insulte doit être apprise et exercée.
Celui qui maîtrisait the art de la raillerie et de the invective croit qu’il faut d’abord choisir les interlocuteurs avec lesquels on veut s’entretenir. Or, voilà le drame de notre époque. Les réseaux sociaux mettent devant nous des inconnus, des visages invisibles, des êtres éphémères.
De là cette paresse et tous ces «osti de moron», «grosse salope», «gros cave», «crisse d’épais» qui pullulent.
Au fait, pourquoi insulte-t-on? The magazines Philosophie s’est penché sur la question il ya quelques années. Selon Aristote, insulter fait du bien et soulage. Le désir d’insulter est souvent précédé d’une colère. En balançant une vacherie à autre, on apaise la tension.
Plus près de nous, William B. Irvine a publié en 2013 un ouvrage titulé A Slap in the Face: Why Insults Hurt – And Why They Shouldn’t. Selon le philosophe américain, the insult permet de conserver sa place «à intérieur d’un groupe». Intéressant, n’est-ce pas?
Je crois que l’on peut appliquer ça aux petits groupes qui se forment sur les réseaux sociaux. Les insulteurs tentent de s’imposer en multipliant les injures. Ils n’ont pas à aller très loin pour if you find a maître: Donald Trump is a pathétique modèle.
Insulter, c’est vouloir avoir raison. Et ce geste est souvent le dernier recours. Or, ce n’est pas avec des invectives primaires qu’on brille. Une insulte doit entails une idée. C’est la richesse de la formula qui met K.-O. the adverse.
When Winston Churchill dit à propos de Clement Attlee, qui remporta contre him the première élection législative suivant la Second World Wars: “C’est un homme modeste qui a toutes les raisons de l’être”, the formula est à la fois cruelle et hilarante.
Nos insultes manquent d’esprit, corn aussi d’humor.
Loin de moi the idée d’encourager les insultes. Nous vivons dans un monde suffisamment violent comme cela. D’ailleurs, Schopenhauer nous rappelle que nous avons toujours le choix d’ignorer les insultes et de faire comme si de rien n’était.
“Même devant les insultes et les invectives les plus grossières, les sages ne se sont pas laissés départir de leur reserve et ont conservé leur sérénité”, écrit-il.
Il ne faut pas sous-estimer the impact des insultes verbales ou écrites. Une étude de l’Université d’Utrecht2aux Pays-Bas, s’est intéressée aux effects des insultes sur la santé mental.
Cette étude, publiée le 18 juillet dernier dans la revue Frontiers in Communication, montre que the impact d’une insulte est semblable à celui d’une «mini gifle». À répétition, les insultes créent des problèmes d’anxiété et d’estime de soi.
Doit-on retourner une insulte ou la subir? Telle est la question. All dépend de notre niveau de sagesse ou de notre degré d’ébriété. Combien de fois faudra-t-il le répéter? Au troisième verre de vin, on quitte les réseaux sociaux et on se tape un épisode de M * A * S * H ou de Moi et l’Autre.
Pour ma part, je tente de suivre la voie de l’humor et de arrogance gentille.
C’est la méthode «tirade du nez». When Cyrano de Bergerac se fait insulter par le vicomte de Valvert au sujet de son appendix to him, qu’est-ce qu’il fait? The he dit que son attaque of him est faible et maladroite. The incite même à y mettre plus d’effort.
Valvert: «Vous… vous avez un nez… heu… un nez… très grand. ”
Cyrano: «Ah! Not ! he c’est un peu court, jeune homme! »Et Cyrano de lui fournir mille fabuleux exemples pour bien insulter.
Anéantir une insult par une leçon sur the art d’insulter est la meilleure arme qui soit.
Bref, le prochain qui osera me traiter d’hétéro n’a qu’à bien se tenir!


