Même si les spectacles affichés cet automne se comptent par centaines un peu partout au Québec, le retour à la vie prépandémique est loin d’être une réalité. Les deux dernières années ont passablement fragilisé et Essoufflé le milieu, selon ce qu’a constaté Le Journal. Pénurie de main-d’œuvre, craintes d’une huitième vague de COVID, inflation et changements d’habitudes des consommateurs. Les producteurs et exploitants de salles ne sont pas au bout de leur peine.
«Le vrai retour à la normalité, si on peut appeler ça comme ça, je ne le vois pas avant 2024. Avant que les effects de la pandémie se dissipent réellement et qu’on recommence à avoir un accès plus normal aux équipements. ”
Director principal of the division spectacles and management chez Musicor Spectacles, Sébastien G. Côté dresse a pessimistic constat plutôt quant à the situation actuelle des spectacles au Québec. Et ce constat est partagé par bon nombre dell’Invenants contactés par Le Journal.
Oui, les concerts sont fort nombreux à être annoncés dans les prochaines semaines. Mais en réalité, plusieurs problèmes subsistent. Même si on a parfois the impression d’en être sortis, the pandémie nous pend toujours au bout du nez et menace presque quotidiennement les représentations. When on ajoute à cela la pénurie de main-d’œuvre, très présente, on se retrouve avec un beau casse-tête pour plusieurs producteurs et diffuseurs.
Encore des craintes
“Je m’attends malheureusement à ce que certains spectacles soient encore reportés ou annulés [cet automne] parce qu’il ya peut-être certains diffuseurs qui n’auront pas le personnel pour le faire. Au même titre que d’autres cas de COVID pourraient s’inviter dans nos projets, que ce soit dans nos équipes ou chez les artistes “, mentionne David Laferrière, director general and artists of Diffusion En Scène et du Théâtre Gilles-Vigneault.
Bien sûr, si on veut rester optimiste, on peut se dire que automne 2022 s’annonce pour être plus actif dans les salles que les deux automnes précédents.
“C’est un redémarrage beaucoup plus réel que ce qu’on a pu vivre dans les années passées, remarque Sébastien G. Côté. En ce moment, on n’est pas dans le “on ouvre, on ferme”. Les salles ne sont plus limitées à 250 ou 500 spectateurs. Mais de se dire qu’on est de retour avec le même degré de prévisibilité qu’en 2019, avec le même accès aux ressources, on n’en est pas là. ”
– With the collaboration of Cédric Bélanger
Les consommateurs ont changé leurs habitudes
Au-delà de tous les problèmes mentionnés jusqu’ici, producteurs et diffuseurs doivent aussi jongler avec les consommateurs qui achètent plus souvent qu’avant leurs billets à la dernière minute.
«Je pense que les gens ont compris pendant la pandémie qu’il y aurait des billets available for eux pour une majorité de spectacles, dit Sébastien G. Côté, de Musicor Spectacles. Oui, on a encore une portion de gens qui achètent leurs billets au debut de la mise en vente, mais on voit de plus en plus de gens qui repoussent leur moment de take la décision. ”
«The clientèle a changé ses habitudes énormément, notes Frédéric Roussel, de Rivière-du-Loup in spectacles. The ventes de billets vont très bien lors des sorties de programmation. Ce sont les passionnés, les membres, les abonnés, qui font leurs achats, ma la majorité du public attend à la dernière minute. On sent aussi a moins grand engouement parce que le premier posed budgétaire sur lequel les gens vont économiser, en période d’inflation et les risques de récession, c’est la culture et les sorties. Au lieu d’acheter trois spectacles par saison, ils vont en acheter un et ils vont choisir celui qui va plaire à toute la famille. ”
The main-d’œuvre is rare
L’industrie du spectacle n’est pas épargnée par la pénurie de main-d’œuvre que l’on voit dans plusieurs autres secteurs. “The ya un effet de deux ans de pandémie qui a frappé fort cet été, dit David Laferrière. Chez nous, au Théâtre Gilles-Vigneault, on a deux personnes en arrêt de travail. ”
«Nous subissons, de façon important, le manque de main-d’œuvre, dit Martin Tremblay, du Center Vidéotron. The ya toute une équipe qui s’active à arriver pour faire arrive les choses. Juste au niveau technique, des spectacles like Pearl Jam and Backstreet Boys, c’est 100 à 125 personnes pour monter et démonter la scène. Réussir à recruter tout ce monde est un défi, on ne s’en cache pas. ”
«Nous sommes seulement une petite équipe de six permanents pour opérer une saison de plus d’une centaine de spectacles dans quatre lieux différents, mentionne Frédéric Roussel, director of artists and general of Rivière-du-Loup in spectacles. Nous avons perdu notre directeur technique et notre gérant de salles. […] It is the direction technique, si on ne trouve pas quelqu’un d’ici les prochaines semaines, on ne pourra pas soutenir le rythme. ”
Les spectacles coûtent plus cher à produire
L’inflation se fait sentir auprès des producteurs de spectacles, qui ont desormais moins de marge de manœuvre pour amener des artistes sur scène.
«Il ya une augmentation important des coûts relatifs à la presentation d’un spectacle, sans qu’il y ait pour autant une augmentation du prix du billet», said Sébastien G. Côté, de Musicor Spectacles.
Des exemples? D’abord, tout le volet transport, mentionne le producteur. «Oui, conceal a augmenté en raison du coût de l’essence. Mais aussi en raison de certains transporteurs qui ont fait d’autres choix pendant la pandémie. On a plus de difficulté à faire affaire avec eux en ce moment. ”
Les coûts de location pour les équipements techniques ont aussi grandement augmenté. «J’ai la tour de Julien Clerc qui s’en vient, indique Sébastien G. Côté. C’était une tournée prévue avant la pandémie. Eh bien, le coût des équipements techniques pour cette tour a augmenté de 50%. ”
Malgré ces hausses importantes, la plupart des producteurs interrogés par Le Journal s’entendent pour dire qu’il n’est pas dans leur intention to augment the prix des billets dans an avenir à court terme.
«On Essaie de maintenir les billets à un prix raisonnable, pour maintenir une clientèle, dit le producteur Martin Leclerc. […] On va peut-être augmenter les prix des premières rangées. Comme au Grand Théâtre ou à la Place des Arts, les rangées double lettre, on pourrait les mettre plus chers pour peut-être aller chercher le manque à gagner en sachant qu’il ya des gens qui sont prêts à payer plus cher pour être dans les premières rangées pour mieux voir le spectacle. ”
Encore des craintes de COVID
Opérant à plein régime depuis des mois, les salles de spectacles donnent l’Impression que la pandémie est derrière nous. Or, il en est tout autrement. Selon David Laferrière, du Théâtre Gilles-Vigneault, the septième vague de COVID cet été a fait mal. «Elle a semé le doute pour beaucoup de gens. ”
Le promoteur et copropriétaire de l’Anti, in Québec, Karl-Emmanuel Picard, a remarqué que beaucoup de détenteurs de billets ne se présentent même pas au spectacle. «Certains se font rembourser parce qu’ils disent qu’ils ont la COVID-19, ma il y en a d’autres qui ne viennent tout simplement pas. Est-ce que ce sont des gens qui sont malades ou qui ne demandent pas de remboursement? C’est plus fréquent qu’avant. À l’Anti, pour un spectacle à guichets fermés à 200 personnes, ce n’est pas rare que 40-50 personnes ne viennent pas. ”
Au Lion d’Or, on admet rester très prudent pour automne. «Nous sommes avec des jauges légèrement plus basses qu’avant, pour éviter que le public soit trop serré, psychologiquement. On ne veut pas que le public craigne, et on veut éviter tout foyer potentiel ”, says the general director, Sara Castonguay.
Proprietor of the Soda Club, Michel Sabourin admet sans reserve avoir encore des craintes par rapport à la COVID. «Chat échaudé craint l’eau froide … Je suis rassuré par le fait que la volunté politique semble de ne pas retourner vers des mesures coercitives comme le passeport vaccinal obligatoire, mais on ne sait jamais ce qui peut arriver avec les mutations du virus ou la fragilité du système hospitalier. Nous nous croisons les doigts tous les jours. ”
Pour Sébastien G. Côté, de Musicor Spectacles, les craintes de contracter la COVID préoccupent encore les artistes et leurs équipes. «Dès qu’un des members des équipes de tournée est déclaré positif, des représentations sont en jeu et pourraient être annulées. Nous apprenons à vivre avec le phénomène, mais ça demeure un stress pour tous. “


