quand Belmondo et Delon évoquent Godard

Quand deux mythes évoquent un mythe. In 1998, Jean-Paul Belmondo and Alain Delon, qui étaient ensemble à affiche de “Une Chance sur deux” by Patrice Leconte, ont longuement conversé pour “l’Obs”. Ils sont revenus sur le cinéma, leur carrière, les actrices, les réalisateurs … dont Jean-Luc Godard. A dialogue savoureux dont nous republions l’xtrait en question, alors que le réalisateur franco-suisse a disparu à l’âge de 91 ans.

Jean-Paul Belmondo – Boxing, j’en ai fait en amateur et j’ai très vite compris que je ne serais pas Marcel Cerdan. Je suis revenu au théâtre, rapid. Quant à Godard… Pendant que je jouais «Oscar», je voyais souvent un type mal rasé, avec des lunettes, qui venait me voir. Un jour, the m’aborde et me dit: ” Est-ce que vous voulez faire du cinéma? »Il avait un drôle d’accent, vaguement suisse. ” J’ai un court-métrage à tourner, dit-il. Venez dans ma chambre rue de Rennes, je vous women 500 francs. »Moi, je me dis: c’est un pédé, et je le dis à ma femme. Elle me dit: ” Vas-y, et s’il t’emmerde, tu he mets une droite. »Voila. Donc, j’y vais. Et je tourne «Charlotte et son jules di lei». C’est le brouillon d ‘A bout de souffle’. Donc, me voici dans cette chambre avec ce type, Godard, qui me souffle tout ce que je dois dire. Fais ci, fais ça… Plus tard, the m’écrit pour me demander s’il peut me doubler avec sa propre voix of him. Je he women the authorization, evidemment, d’autant plus que je n’avais pas vu le film. Quelque temps plus tard, Jacques Becker cherche des acteurs pour “le Trou”. On him show “Charlotte et son jules di lei”. Il dit qu’il ya la-dedans un jeune acteur qui est pas mal, mais qu’il ne peut pas l’engager à cause de sa voix horrible et de son accent suisse of him! Plus tard, Godard called me …

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Jean-Luc Godard, le Platon du cinéma

L’Obs – Pour «A bout de souffle»?

J.-PB – The me said: ” J’ai une idée, c’est un type qui remonte de Marseille pour trouver sa fiancée et, en chemin, your a flic… Après, on verra. »Rendez-vous au Royal Saint-Germain, there where ya the Armani boutique aujourd’hui. J’arrive, the me dit: ” Go take a demi et pars sans payer. »The caméra tourne. Je fais ce qu’il dit, le garçon de café gueule. Godard said: ” On a tour, c’est fine, on rentre. »Tête du producteur. Le lendemain, Godard dit me: ” Tu entres dans cette cabine téléphonique, et tu parles, tu dis ce que tu veux. »Je fais ça. Puis il dit: “ J’ai pas d’idée », Et on s’arrête. Moi, je rentre le soir chez moi, je dis à Elodie, ma femme: ” C’est pas brillant, on m’a donné 4 000 francs, je suis content, mais ça sortira jamais, ce film. An autre jour, on if half the terrasse of the Hôtel de Suède, avec Jean Seberg, et on take le petit déjeuner, tranquilles. Puis on tourne. Pour une raison inconnue, Godard vire l’ingénieur du son, la scripte… Donc on n’était plus Raccord pour nos dialogues. When the film est parti pour la synchro, les techniciens ont demandé: qu’est-ce que c’est ce film bizarre et ordurier? Moi, j’étais à l’aise, j’étais sûr que ça ne sortirait jamais. Puis je fais des essais pour Peter Brook… Je suis engagé pour «Moderato cantabile» by Marguerite Duras… Et «A bout de souffle» sort. Je dis: on va me lancer des tomates dans la rue! Et en fait, ça a marché. Je me suis dit: ça ne va pas durer. Et j’ai tourné tout ce qu’on me proposait dans la foulée.

Et vous, Alain Delon, vous avez tour avec Godard, aussi.

Alain Delon – Oui, dans «Nouvelle Vague», corn c’était vingt-cinq ans après. On s’est très bien entendus. On s’est engueulés une seule fois parce qu’un jour je lui ai dit: ” Je ne peux pas sortir par cette porte, puisque je viens de rentrer par cette autre.

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J.-PB – Say ça à Godard!

TO – Cela dit, par rapport à ce que raconte Jean-Paul, the y avait eu un progrès. Moi, the m’a donné a scénario… de deux pages! Quand il est venu me voir, je lui ai dit: ” Moi, je ne suis pas Jean-Paul, je ne peux pas improviser, il me faut une base, une histoire, du dialogue, bref, du papier. “The me dit:” Je vais vous fournir ça. »Et deux jours plus tard, il me donnait deux pages. Je dis: « C’est une ébauche. »The reply:« Not. C’est le scénario. »Puis il s’est toujours débrouillé pour me donner, ne serait-ce qu’une heure avant de tourner, a dialogue. Il n’y a pas eu improvisation. J’ai été très heureux, au final.

Vous n’auriez pas accepté d’être traité comme ça par un autre mettur en scène.

TO – Je ne sais pas. Mais j’avais envie de mettre dans ma lists a film de Godard. J’ai pris le parti de m’écraser et d’accepter tout. Ça a été dur au début, et après ça c’est arrangé. The difference between Jean-Paul et moi, c’est que lui, il avait une formation d’acteur, il s’est retrouvé dans la Nouvelle Vague. Moi qui n’avais aucune formation, je suis entré dans the ancienne vague. J’ai appris mon métier avec des gens qui ne juraient que par la rigueur et la structure.

The ya autre chose. Vous, Alain Delon, vous étiez d’une beauté à tomber par terre, tandis que …

J.-PB et AD (en chœur) – Attention à ce que vous allez dire!

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… tandis que Jean-Paul, he, était, euh, boxer …

J.-PB – Moi, j’étais un besogneux au départ. Je voulais travailler la tragédie, c’est vous dire comme j’étais à côté de la plaque! He, the était beau, Alain. Moi, pour emballer, il fallait que je me fasse remarquer, que je fasse le mariolle. Yes Alain était arrived au cours de théâtre, toutes les petites nénettes seraient tombées par terre, et le prof, the aurait dit: ” Tu es Pyrrhus, ou Hamlet. »Moi, j’ai fait le Conservatoire, vous allez rire, on ne m’a jamais fait say un texte sérieux! J’ai passé Sganarelle, Scapin, Don César de Bazan. Mon professeur, Pierre Dux, Dieu ait son âme of him, me disait: ” Vous ne pouvez pas tenir une femme dans vos bras, on ne vous croira pas! “Quant à mon père, qui était pourtant un artist, et qui m’aimait, il m’a dit, quand je suis entré au Conservatoire:” Corn qu’est-ce qu’ils vont bien pouvoir te faire jouer?

Revenons à Godard.

J.-PB – Plus tard, Godard, the s’est arrangé. Sur «Pierrot le Fou», the avait un petit cahier or the notait tout. The faisait ses dialogues là-dessus.

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Comment vous at-il proposé «Pierrot le Fou»?

J.-PB – On dîne ensemble aux Iles Marquises, rue de la Gaîté, à Montparnasse, et il me donne a Roman policier à lire. Je le lis. On se revoit quelques jours plus tard, et je lui dis: ” J’aime le roman, ça me plaît. »The me replied:« Ça tombe bien, parce que c’est justement pas ça qu’on va tourner. »Godard, il faut accepter tout. S’il vous demande de vous peindre la gueule en bleu, lui faut le faire, et pas demander pourquoi en bleu.

TO – Dans ce domaine, tu étais plus cool que moi!

J.-PB – C’est sûr!

Belmondo – Delon: the confessions croisées de deux monstres du cinéma français

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