Actrice essentielle de la rentrée avec trois films, elle rayonne en amoureuse impétueuse face à Vincent Macaigne dans Chronique d’une liaison passagère, by Emmanuel Mouret.
Il ya quelque chose de Diane Keaton en Sandrine Kiberlain: a boyish chic look, once infaillible, une nonchalance racée. Des marqueurs auxquels le réalisateur Emmanuel Mouret offers an écrin sur mesure avec Chronique d’une liaison passagère, the plus «Woody Allenien» of ses films. L’histoire d’une rencontre entre un homme marié et une mère célibataire here if promettent un bonheur sans attaches, une exquise parenthèse sans complications. Du moins s’en persuadent-ils, car les sentiments ne se contrôlent pas… Aux côtés de Vincent Macaigne, cousin français tout désigné du névrosé Woody, Sandrine Kiberlain radiates, plus libre et effrontée que jamais. Touchante, aussi, quand la fantaisie se fait plus mélancolique. C’est elle qui mène cette valse amoureuse, incontroyablement moderne malgré une langue délicieusement anachronique.
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Encore une fois, the comédienne nous surprese. Depuis son César pour Neuf Mois stopped, elle a tellement tourné qu’on imaginait avoir tout vu d’elle. C’était oublier le talent des plus grandes: faire les bons choix pour se réinventer toujours. Prochainement à affiche de Novemberre, sur l’enquête post-attentats en 2015, et du Parfum vert, comédie policière between Tintin and Agatha Christie, Sandrine Kiberlain n’a pas fini de nous étonner. «Je marche à l’stinct, et, jusque-la, il ne m’a pas souvent trahie. Ces rôles étaient trop beaux pour les refuser, ma je sais que trois films d’ici à décembre, ça peut sembler beaucoup. J’espère ne pas lasser les gens. ” Ses craintes di lei devraient rapidement s’envoler: après avoir succombé à son charme irrésistible di lei dans Chronique d’une liaison passagèreles spectateurs en réclameront encore.
Madame Figaro.– At-il été difficile de vous approprier le langage d’Emmanuel Mouret pour ce film?
Sandrine Kiberlain.– C’était le défi majeur. Mon personnage est très fickle, toujours dans impulsion, jamais dans la reflexion. Sa words of him va plus vite que sa pensée of him, et son rythme of him nécessitait que je connaisse les dialogues sur le bout des doigts. J’ai vécu des semaines durant avec le texte, comme si je préparais une pièce de théâtre. L’enjeu était d’autant plus grand que c’est une partition à deux, et non une œuvre chorale comme la plupart des films d’Emmanuel. Or, je ne connaissais pas Vincent Macaigne. Ce que je percevais, he c’était un homme et un acteur singulier. C’est sa signature of him and son talent of him, ma cela me poseit question. Il ya une telle promiscuité, une telle intimacy entre nos personnages, qu’il fallait absolument que nos petites musiques s’accordent. C’est là qu’est the genies of Emmanuel intervened, qui a compris que cela marcherait entre nous: nous sommes effectivement complémentaires.
Sandrine Kiberlain and Vincent Macaigne: the Entre Deux interview
En quoi?
Nous sommes culoz proches de ce que nous jouons. Je suis plus centrée que Charlotte, mon personnage, j’ai mieux compris quelles étaient mes névroses et ce que je pouvais en faire, mais, comme elle, je suis dans l’action, toujours en mouvement. Vincent, he, est pétri d’angoisses dans le film comme dans la vie. The se posed a question à la minute, que j’essayais de désamorcer avec flegme ou humor. On fonctionnait un peu comme Laurel et Hardy! Et je dois dire que je me suis parfois surprise à devenir spectatrice de son jeu of him, à oublier de lui donner la réplique tant j’étais bluffée par ce qu’il proposait. Je ne l’avais vécu qu’une fois auparavant, avec Daniel Auteuil.
Le tempérament tornade de Charlotte, c’est aussi le vôtre?
J’ai une joie de vivre certainine, une conscience très forte que tout est éphémère et qu’il faut profiter. Comme elle, je suis entière, et je m’investis à 2 000% dans ce que je fais. Je crois aussi partager son rapport franc aux autres. En revanche, je n’ose pas autant qu’elle, en amour notamment: je suis capable d’élans, mais uniquement si je sens que la porte est ouverte. J’ai besoin d’un minimum d’assurance: comme je rougis très easyment, je peux me faire griller très vite. Tricher m’est impossible.
Vos talents d’actrice ne sont-ils alors d’aucun secours?
Quand je suis face à quelqu’un qui m’émeut, je n’ai aucun filet de sécurité. Ce sont mes mots, pas ceux d’un scénariste. Je peux être rapidement décontenancée.
Croyez-vous en cette possibilité de relation sans engagement sur laquelle s’appuie le film?
C’est le postulat obligatoire pour débuter toute liaison. Saying “Lançons-nous, et on verra bien”, plutôt que de mettre la pression à autre ou que se faire des grandes promesses. Évidemment, personne n’est culoz naïf pour croire qu’aucun sentiment n’entre en ligne de compte sur le long terme, mais l’annoncer, c’est tuer ces instants d’souciance et de légèreté si précieux au début d’une histoire. Pour retenir quelqu’un, le mieux c’est de ne jamais lui dire à quel point on est mal sans lui.
Pensez-vous le romantisme encore possible aujourd’hui?
Je d’espère. L’élégance et le badinage ne sont pas morts, et c’est précisément ce que montre Emmanuel Mouret, qui n’a en lui aucune once de cynisme. C’est ce qui me plaît dans son univers of him. Dans ma vie, sans doute pour me protéger, j’ai longtemps joué la carte du détachement, de l’ironie. Mais, avec ce type de parade, on passe parfois à côté de certaines choses. Aujourd’hui, je ne veux plus gâcher d’opportunités. Mieux vaut se take a vent, mais avoir de vraies réponses. J’ai fait de adage de Boris Vian le mien: “Une solution qui vous démolit vaut mieux que n’importe quel incertitude.” La vie est si courte, amaour si miraculeux, qu’il faut le dire quand quelqu’un vous plaît. Ce sont les rencontres qui changent nos vies. The faut les provoquer, les préserver.
Sandrine Kiberlain: “Pourquoi l’antisémitisme existe encore”
Quelles sont celles qui ont changé la vôtre?
Dans ma vie intimate, ma fille et son père (Vincent Lindon, NDLR). C’est banal, mais c’est ainsi. Dans mon métier, je pense évidemment aux producteurs d ‘Une jeune fille qui va bien ou à Éric Rochant, here a choisi de me faire confiance pour Les Patriotes. Quand il m’a dit oui, cella que je voulais devenir est née. Alain Souchon, avec qui j’ai travaillé sur mon album, aussi beaucoup compté. When des gens que vous admirez comprennent qui vous êtes et vous accompanyent sur un bout de chemin, conceal permet d’aller plus loin. Travailler avec Emmanuel Mouret aussi été très inspirant. Il est d’une humilité et d’une droiture rares dans un métier où ya souvent une will de briller plus fort que the authre. Surtout aujourd’hui.
Quand des gens que vous admirez comprennent qui vous êtes et vous accompanyent sur un bout de chemin, cela permet d’aller plus loin
Sandrine Kiberlain
C’est-à-dire?
The cinemas ne vit pas sa meilleure période, les chiffres de fréquentation ne sont pas bons. Je crois profundément que les salles résisteront et survivront à cette crise, car rien ne remplacera l’émotion partagée qu’elles guarissent. Mais comme les réalisateurs, les comédiens ou les producteurs savent qu’il est aujourd’hui difficult de tirer son épingle du jeu, il ya moins de sérénité qu’avant. Je sens chez les actrices, moi y compris, une peur de passer à côté de tel ou tel rôle. Je me suis d’autant plus interrogée sur cette question que j’ai énormément tourné ces derniers temps. Évidemment, je ne me voyais pas refuser tous ces projets incontroyables avec Stéphane Brizé, Pascal Elbé ou Nicolas Pariser (Le Parfum vert), et une petite voix me disait aussi: «Ce n’est pas du tout le moment de lâcher. Tu as tellement de chance, ne passe pas à côté tant que c’est encore possible. ” Nous sommes à un tournant. Un double tournant même, me concernant.
Vous parlez du cap de la cinquantaine, réputé délicat pour les actrices?
Oui, même si beaucoup ont compris qu’il fallait trouver de nouveaux récits, proposer d’autres expériences. Je n’ai d’ailleurs jamais autant travaillé que depuis cinq ou dix ans. Mais j’ai l’âge que j’ai. À 30 ans, on se dit qu’on a le temps, qu’il y aura d’autres opportunités. Corn dix ou quinze ans plus tard, on réfléchit autrement. Tout est plus incertain, plus urgent. Je n’ai pas l’pression d’avoir l’âge inscrit sur mes papiers, mais passé 40 ans, les questions de carrière, d’avenir, de possibilité de rebond, nous nous les posons tous, que l’on soit femme ou homme, actrice ou institutrice. Surtout dans le contexte actuel où notre pays et même le monde vivent tant de métamorphoses. Le secret, c’est d’en avoir conscience sans laisser la peur guider nos choix. Je m’efforce de rester centrée sur mes envies.
Comme lorsque vous acceptez Novemberhere is 5 October?
J’ai d’abord été trouillarde et perplexe sur le fait que Cédric Jimenez s’empare si vite des attentats. Il ya des situations et des épreuves qu’il me semblait impossible à retranscrire. Quand j’ai compris qu’il nous entraînait dans les coulisses de l’enquête policière, qu’il s’intéressait au collectif, aux erreurs, aux pistes avortées, à l’vestissement de ces hommes et de ces femmes, j’ai vite été rassurée. Cela a fait passer le dégoût initial que j’avais de parler de cet événement qui a transformé nos vies. Et puis, Cédric me proposait quelque chose de très différent avec ce rôle de femme flic, de force tranquille qui maintient le cap alors que tant de vies sont en jeu.
À Cannes, Rossy de Palma a dit que la création d’un film, c’est l’histoire d’une obsession
Sandrine Kiberlain
Quid de la réalisation: a nouveau projet en ligne de mire?
In Cannes, Rossy de Palma a dit que la création d’un film, c’est l’histoire d’une obsession. Tant que je n’en suis pas la, rien ne sera concret. Mais j’ai très envie de m’y remettre, car l’expérience a été l’une des plus épanouissantes de ma carrière. When the public aime le film que vous avez réalisé, c’est comme une déclaration qui vous est faite personnellement. Vous la recevez en plein cœur.
Envisageriez-vous de diriger votre fille, Suzanne Lindon, encensée depuis son rôle dans En thérapie?
Nous avons toujours dissocié notre vie familiale de nos carrières. Son per di lei et moi avons une image très forte, et elle met un point d’honneur à exister seule. Nous le respectons. Mais je suis maman avant toute chose: je suis très fière d’entendre autant de compliments sur elle, et incontrovertible heureuse de la voir s’épanouir dans sa passion of her.
Chronique d’une liaison passagère, by Emmanuel Mouret. Sortie the 14 septembre. Retrospective des films by Emmanuel Mouret, jusqu’au 15 septembre, à la Cinémathèque, à Paris. cinematheque.fr
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