La mort de Mikhaïl Gorbatchev a donné lieu à de nombreux portraits-hommages. The ancien president of the USSR, maître d’œuvre de la fin de la guerre froide, y est souvent représenté comme bonhomme et sympathique. Des Simpsons à Pizza Hut, caricature et autodérision ont participé à faire shine the aura de bienveillance du lauréat du prix Nobel de la paix.
Son portrait est même reproduit et recolorisé, métamorphosé en icône pop à la manière d’Andy Warhol, au même rang que Marilyn, par Alexander Kosolapov en 1991. Un cool factor qui n’est pas aussi innocent qu’il en a l’air.
A succès qui ne se dément pas
Dans la pop culture, the esthétique soviétique fait florès: ces dernières années, on a vu apparaître nombre de vêtements inspirés de ceux des ouvriers de l’ex-bloc soviétique, ou de pièces de sportswear parées de faucilles, marteaux et autres slogans en cyrillique.
Les garants de cette mode dont le succès ne se dément pas s’appellent Gosha Rubchinskiy, Ria Keburia, Yulia Yefimtchuk, leur figure de proue est le directeur Artistique de la maison de couture Balenciaga, Demna Gvasalia: ce “Style post-soviétique” est promu par des créateurs issus de pays qui se tenaient jadis derrière le rideau de fer.
Ces derniers se déclarent autant inspirés par des souvenirs de leur propre enfance que par des sous-cultures occidentales dont anarcho-punk (régulièrement remis au goût du jour, comme en 1997 par Banksy et son Lénine affublé d’une crête) –mouvements qui empruntent à une certainine esthétique de l’ideaologie communiste, plus particulièrement venue de la Russie.
“L’art appartient au peuple”
Pour Karl Marx, the art n’était pas à take à la légère: dans sa Critique de l’économie politique parue en 1859, the théoricien de la révolution insists on the importance of the art and son aptitude to transform the individual and the société, évoluant avec les avancements techniques.
«L’objet d’art –comme tout autre produit– creates a public apte to include the art et à jouir de la beauté. The production ne produit donc pas simplement un objet pour le sujet, mais aussi un sujet pour l’objet “, estime-t-il. L’artiste est donc un travailleur comme les autres, et même un peu plus: c’est un rebelle faisant fi de idéologie bourgeoise qui voudrait le cantonner à un rôle surface.
Dans the Marxist-Leninist ideology, the art is a moyen de subsistance autant que de résistance. Et Vladimir Ilitch Lénine va faire en sorte qu’il ne soit pas réservé aux élites mais rendu compréhensible et accessible (intellectuellement et économiquement) au plus grand nombre.
Car selon him, «Art appartient au peuple. Ses racines doivent pénétrer, le plus largement possible, au plus profund du cœur des masses laborieuses. The doit être compréhensible pour ces masses et être aimé d’elles. “ Une démarche validée par le caractère universel pérenne de art et du design graphique russes, dont the influenza est omniprésente.
C’est dans la foulée de la revolution de 1917 que naît the art of the affiche de Russian propaganda. Gosizdat, the maison d’édition d’État créée en 1919, en produit ainsi pas moins de 3.2 million d’exemplaires en 1920 (elle n’est pas la seule), auxquelles s’ajoutent 7.5 million d’affiches distribuées au cours des trois années suivantes. Leur style est frappant –est-ce la propaganda here a façonné dell’arte russe de l’époque, ou le contraire? Allégoriques, les affichent glorifient le rôle du peuple russe et scandent des messages simples et marquants.

Est-ce la propaganda here a façonné dell’arte russe de l’époque, ou le contraire? | Domaine public via Wikimedia Commons
S’il s’en dégage “Indéniablement excitation et optimisme” et qu’elles font preuve d’une intéressante approche expérimentale dans le traitement des images, ces affiches ne mettaient pas moins en avant “Une version biaisee et aseptisée de la réalité, qui contribuait à consolider une dictature brutalement répressive”, estime Jon Mogulconservateur du musée Wolfsonian de Miami.
Rien d’étonnant à ce que le style imposé par le socialist réalisme déplaise profundément aux artistes de avant-garde, bientôt étiquetés contre-révolutionnaires. La fuite de ses membres les plus éminents va durablement marquer l’histoire de dell’arte.
L’Union soviétique, à the avant-garde of art and design
Découpages géométriques dynamiques, caractères en gras, police sans empattement (sans sérif): the œuvres of the avant-garde of the former bloc soviétique sont intemporelles. Elles explorent le design graphique, le collages, la photographie ou le textile, flirtent avec abstraction et le minimalisme.
On reconnaît encore la patte des artistes refugiés en Allemagne dans les années 1920, membres du Bauhaus, dans les logos de Netflix, McDonald’s ou Nike. Certains marqueront les domaines du cinema, de la publicité ou même du visual merchandising des grands magasins, as László Moholy-Nagy.
Ils sont constructivistes, futuristes, suprématistes – like Kasimir Malevitch here invents Agitprop, an art de la révolution, et the art abstrait. Leur héritage est partout. El Lissitzky inspire the groupe Kraftwerk dans les années 1970; a poster by Alexander Rodchenko, réalisé en 1924, est réinterprété par les Écossais de Franz Ferdinand en 2005, pour la pochette de leur album You Could Have It So Much Better.
Jusque dans les années 1930, the affiches de film réalisées en Russie font elles also preuve d’un modernisme étonnant, qu’il s’agisse de films américains importés comme de la local production. Mais à partir de 1934, Staline met le couvercle sur cette foisonnante créativité pour imposer le réalisme socialiste, an art nettement plus … at your place.
An “amour mortel” et particulièrement viral
La guerre froide et l’obsession pour la conquête de l’Espace fourniront de nouveaux sujets: les formidables posters vantant les ambitions et réussites du program spatial soviétique renouent avec la force jubilateire des affiches de propagande de la première partie du siècle. Une éloquence visuelle que même la NASA leur enviera…
On ne serait pas étonnés d’apprendre que leur audace stylistique a fait impression sur the artist américain Shepard Fairey (son poster Hope pour Obama montrait déjà quelque signes de influenza stylistique héritée de la propagande soviétique). Son écusson pour les astronautes de la Station spatiale internationale semble en fournir la preuve.
Mi-août s’est éteint Dmitri Vrubel, the Russian artist auteur du plus célèbre graffiti ayant orné le mur de Berlin. My God, Help Me to Survive This Deadly Love (1990) reproduisait une photographie prize par le Français Régis Bossu pour le magazine Paris Match in octobre 1979.
En pleine guerre froide, pour célébrer le 30And anniversaire de la République démocratique allemande, une parade militaire est organisée à Berlin. L’invité d’honneur, Léonid Brejnev, secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique, est alors immortalisé embrassant Erich Honecker, son homologue allemand of him.

Mi-août s’est éteint Dmitri Vrubel, the Russian artist auteur du plus célèbre graffiti ayant orné le mur de Berlin: My God, Help Me to Survive This Deadly Love. | Gzen92 via Wikimedia Commons
Détruite avec le mur, l’œuvre a été répliquée par son auteur, mais également largement détournée, notamment par la marque de vêtements Benetton (la fameuse Campagna de publicité “Unhate” en 2011) ou, plus récemment, lorsque la façade d’un Lithuanian restaurant, taguée of a Vladimir Poutine and of a Donald Trump enlaced in a baiser passionné est devenue viral in 2016.
The USSR a été dissoute l’année suivant la réalisation de la fresque de Dmitri Vrubel, mainfluence de son imagerie, teintée de propagande et d’utopie, elle, s’est avérée pérenne.


