Une grande rétrospective au Center Pompidou est dédiée à l’œuvre de Gérard Garouste. Dans cet entretien, the artist nous livre son rapport aux rêves, au langage, aux contes et leurs places dans sa peinture of him.
L’un des peintres français vivants les plus importants, Gérard Garouste, 76 ans, expose à la rentrée à Paris au Center Pompidou. Du 7 septembre au 2 janvier se tiendra une rétrospective d’envergure, sous le signe des fables, des poèmes et des rêves, consacrée à l’œuvre picturale, graphique et sculpturale, de son parcours et de son œuvre insaisissables. Dans un entretien donné à Connaissance des Arts, the artist se pronounces sur son appréhension de cet événement prochain, sur son rapport di lui aux mythes, alphabet et aux légendes.
Connaissance des Arts: The Center Pompidou vous consecrates an important retrospective which sont présentées 120 de vos œuvres datant des années 1970 jusqu’à aujourd’hui. Comment abordez-vous cet événement?
Gérard Garouste: Cette rétrospective déploie en fait plusieurs volets. D’abord, une réédition de mon livre autobiographique The Intranquille aux éditions L’Iconoclaste. C’est le meilleur catalog pour présenter ma peinture. L’événement clé est bien sûr cette grande rétrospective au Center Pompidou et puis, non loin de la, rue Chapon, se déroule une autre exposition, toute petite cella-la. À la jeune galerie des Arts dessinés, avec un artist, Édouard Cohen, dont le style est d’venter un alphabet. J’attache beaucoup d’portance à cette exposition à quatre mains parce qu’il s’agit de transmission. Elle est d’ailleurs très liée à la dernière salle du parcours de Beaubourg. Sophie Duplaix, la commissaire, a souhaité une chronologie qui commence avec mes premiers tableaux jusqu’aux œuvres de ma dernière exposition sur Kafka, “Correspondances (Gérard Garouste – Marc-Alain Ouaknin)” que j’ai présentée à la galerie Templon en 2021 . Cette dernière salle soulève une question dont l’une des réponses se trouve à la galerie des Arts dessinées où nous évoquons la “Méguila d’Esther”. Paradoxalement ce mythe biblique se présente sous une profane forms.
Gérard Garouste, La croisée des sources, 1999-2000, huile sur toile, 114 × 146 cm, Collection particulière, France
Pouvez-vous le raconter?
C’est le texte que les Juifs lisent à la fête de Pourim. Il raconte l’histoire d’Ahashverosh, roi de Perse, et de la reine Esther. À un moment, the Premier ministers Haman veut éliminer tous les Juifs, créant ainsi le projet du premier génocide juif. Mais il est découvert et pendu. La reine Esther, elle, est victorieuse. The mot “Méguila” means “Rouleau” en hébreu mais if traduit also par “Dévoilé », Et le prénom Esther peut signifier «Caché», «secret». La Méguila d’Esther pourrait donc se to translate par “le dévoilement du secret”.
Le théâtre de Don Quichotte, 2012, huile sur toile, 200 × 260 cm, Collection Hervé Lancelin, Luxembourg © Bertrand Huet / All
Quelle est la clé de voûte de la retrospective du Center Pompidou?
Mes thèmes sont les légendes, les fables, les contes de fées. Ils sont très liés à mon enfance et à la Bourgogne que j’ai adorées. Ces textes sont les sujets de ma peinture: comment se positionner, qu’est-ce qu’on fait avec une histoire, comment la traiter? Comment se raconte-t-elle? Ce qui est dit, ce qui n’est pas dit. Évidemment, ce qui n’est pas dit est primordial. J’attache plus d’portance à l’Espace qui existe entre les tableaux qu’aux tableaux eux-mêmes. Cela dit, j’espère bien sûr que les tableaux vont plaire!
Le rabbin et le nid d’oiseaux, 2013, huile sur toile, 162 x 130 cm, collection particulière
Dans cette rétrospective, invitez-vous les visiteurs à entrer en contact avec inconnu qui se trouve en eux?
Sur inconnu, je dirai la chose suivante: nous faisons tous des rêves, on peut les raconter, donc on peut les écrire. S’ils s’écrivent, c’est qu’ils se traduisent par des mots et la commence précisément the interpretation du rêve. Le rêve n’a d’intérêt que dans son interprétation et non par son récit. Dans un rêve, the ya toujours une partie consciente et une partie unconscious. Pour dévoiler the unconscious partie, the ya différentes observations: l’une d’elles, le Zeugma, fait l’objet d’une salle de l’exposition où sont justement mis en scène les non-dits.
Gérard Garouste, Adhara, 1981 Huile sur toile 253 × 395 cm Liliane & Michel Durand-Dessert Photo © Florian Kleinefenn
Puisque nous parlons du rêve, il ya fort longtemps maintenant, je me suis réveillé avec le souvenir très précis qu’une voix off me donnait le conseil suivant: “Tu sais dans la vie, ya deux sortes d’individus, les Classiques et les Indiens! “ J’aurais compris mon rêve s’il s’était agi de classiques et de modernes ou de cow-boys et d’Indiens, ma le rapport Classique-Indien m’a paru étrange. J’en ai parlé à mon ami Jean-Michel Ribes qui avait fait une thèse en espagnol et qui m’a donné la clé de ce rêve: “Tu as fait un jeu de mots entre classique et cassique”. Un cassique est an indien chef pour les conquistadors espagnols. Aujourd’hui, pris dans son interprétation moderne, un cassique est quelqu’un qui réussit. On pourrait donc say que le Classique est la réussite avec un côté apollinien et que Indien, avec son intuition of him, est beaucoup plus dionysiaque. Ce rapport du Classique et de l’Indien, on le retrouve chez Don Quichotte et Sancho Panza, chez Faust et Méphistophélès, et aussi chez le clown blanc et l’Auguste, un dans son costume de lumière, the authre bariolé dans knows folly of him. Toute l’exposition navigue sur cette complémentarité.
Pinocchio et la partie de dés, 2017, huile sur toile, 160 × 220 cm, Collection particulière © Adagp, Paris, 2022 © Photo Bertrand Huet / All
Que souhaitez-vous transmettre aux jeunes artistes?
L’expérience que je tire d’un essai de Roland Barthes, where the philologue posed the question suivante: en ouvrant un dictionnaire, comment se définit un mot? Pour définir un mot, celui-ci necessite une fiftyine d’autres mots, et chacun de ces mots renvoie lui-même à d’autres mots. Ainsi, on fait le tour du dictionnaire sans jamais avoir de réponse. Le langage est tourné sur lui-même et c’est bien pour cela que l’Auteur peut créer une fiction. Ce qui m’a rassuré, c’est que depuis la main sur la grotte préhistorique jusqu’à l’œuvre de Duchamp, on a fait le tour de la plastique. Et c’est parce que la boucle est bouclée que la peinture peut commencer.
“Gérard Garouste”
Center Pompidou
19 Rue Beaubourg, 75004 Paris
du 7 septembre au 2 janvier 2023



