Le Crépuscule des Dieux – Bayreuth – Critique

C’est la colère qui domine au moment du rideau final pour cette nouvelle Tétralogie à Bayreuth. Valentin Schwarz a tout simplement loupé le coche, et term le quatrième volet du Ring sur un échec cuisant. Son acte III du Crépuscule des Dieux est un ratage, d’autant plus impardonnable que le début de la représentation promettait beaucoup: le prologue est très réussi, avec ses Nornes tout droit sorties of a film d’horreur et son duo Siegfried / Brünnhilde en forme de scène de ménage. L’acte I est encore mieux venu, puisque les références constantes du mettur en scène à l’ivers des séries télévisées tombent à pic pour les Gibichungen: Gunther et Gutrune ne sont-ils pas de parfaits exemples de cette génération biberonnée aux réseaux sociaux et au culte des apparences? Hagen n’est-il pas le méchant idéal, «the guy you love to hate»? L’acte II est sans doute le sommet du cycle: délaissant sa tendance à la surcharge décorative et à accumulation d’événements, Schwartz opte pour un décor blanc d’une total sobriété, et un jeu sur les éclairages et la fumée, qui laisse les passions des personnages à nu et qui montre that grand mettur en scène il pourrait être s’il ne cherchait pas à faire trop de choses à la fois, et s’il consentit à trier ses idées. Le problème est que, pour acte III, are inspiration for lui est définitivement tombée en panne. Situant l’action au fond d’une piscine, il ne parvient pas à choisir entre abondance du début et la sobriété du II, et son propos of him s’enfonce petit à petit dans insignifiance, jusqu’à un final complètement ridicule et sanguinolent. Le public était pourtant réceptif, avec pour preuve un rideau à acte II où les huées avaient disparu, signe que l’Autrichien n’est victime d’aucun préjugé. Ce troisième acte a besoin d’une refonte d’urgence, sous peine d’handicaper gravement un Ring here compte par ailleurs de très beaux atouts.

The Brünnhilde d ‘Iréne Theorin, par exemple, qui nous a fait peur dans le prologue, avec un duo inaudible où ses graves partent en capilotade. Mais elle se ressaisit dès la scène avec Waltraute, et offers an acte II glorieux. How much are immolation of her, she remains cells of a tragédienne de premier ordre, qui sait transformer son vibrato parfois lourd en atout. Et la femme a autant de caractère que la chanteuse: elle adressera a superb doigt d’honneur à un spectateur mécontent au moment des saluts. Ambiance! Son Siegfried di lei est au diapason, comme si les ondes positives ou négatives passaient de l’autre dans le couple. Stephen Gould est he aussi à la peine dans le Prologue, ma son arrivée dans le palais des Gibichungen he permet de déployer enfin son format héroïque, et le récit et la mort du III le trouvent en excellente forme, même si les aigus sentent toujours un peu l ‘effort. Globally, ce Siegfried est plus déclamé que chanté, ce qui parait être le lot de tous les titulaires du rôle après une fréquentation culoz longue.

© Bayreuther Festspiele

Le Gunther de Michael Kupfer-Radecki women du caractère a son personnage, quitte à forcer parfois sa voix qui reste essentiellement lyrique. Le jeu d’acteur impressionne: rarement at-on rendu avec autant de férocité the character surfaces and veule du personnage. Sa Gutrune confirme les promesses de L’Or du Rhin, où elle était Freia: Elisabeth Teige a une voix aussi opulente que son physique, et elle en joue avec mastery dans le domaine de la séduction as well. Il ne faut pas attendre longtemps avant de voir surgir la tragédienne, et ses appels di lei au III di lei donnent déjà furieusement envie de l’entendre dans des rôles plus conséquents. Olafur Sigurdarson reste fidèle à lui-même et délivre un Alberich étincelant de noirceur, fêté par le public. Christa Mayer (Waltraute) will remain une des découvertes de ce Ring : voilà une chanteuse qui sait occuper. Occuper une scène, occuper une acoustique, occuper un récit. Les Nornes sont dominées par Okka Von Der Damerau, here at cependant the intelligence d’alléger son émission pour ne pas écraser ses deux comparses. Il est devenu presque routinier pour les critiques envoyés à Bayreuth de souligner l’excellence des Choeurs du Festival, et on ne dérogera pas à la tradition pour cette fois: que ce soit dans les houles du II ou les murmures du III, tout est parfait .

Seuls Hagen et les Filles du Rhin déçoivent. He à cause d’une fatigue qui semble s’être installée, et qui deprive la voix de tout mordant. Albert Dohmen fit pourtant les grands soirs de Bayreuth between 2006 and 2010, when the chantait Wotan dans la mise en scène de Tankred Dorst. Mais sa voix di lui n’est plus que l’ombre d’elle-même, et le volume semble s’être évaporé. Dommage, parce que la couleur serait parfaite pour Hagen. Les ondines déçoivent also parce que, comme dans L’Or du Rhinelles trébuchent constamment en matière de rythme et manquent d’ampleur.

Le grand triomphateur de ce soir est l’Orchester du Festival. Sous la battue désormais complètement assurée de Cornelius Meisterqui sait le faire respirer largement, il rutile de mille feux, et aucun des délicats entrelacs du Crépuscule n’est ignoré, the instrumental plots étant à la fois transparente et puissante. La Marche funèbre du III, comme il se doit, fut un moment de grandeur qui fit se mouiller plus d’un visage dans la salle. Acclamations dantesques au moment où the orchestra a enfin quitté knows it was invisible pour récolter les lauriers de ce travail.

Dans un récent éditorial, Camille De Rijck soulignait la crise qui menace Bayreuth. Ce Ring, avec ses échecs et ses succès, ses tentatives et ses aboutissements, est une forme de réponse: au milieu des difficultés de toutes sortes, l’œuvre de Wagner reste vivante, et servie par des gens qui l’aiment, jusqu ‘ à se fourvoyer complètement. Plus que jamais, Bayreuth est un atelier, où on essaie, on tombe et on se relayve. Rien n’aurait sans doute davantage plu au maître qui lançait, dans les dernières années de sa ways of him: «Enfants, surtout, faites du neuf! “

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