«Habiter notre Nord», c’est l’objectif premier énoncé for the Plan d’action nordique 2020-2023 du Québec. Or, malgré les nombreux projets économiques et les emplois disponibles, les villes de la Baie-James if vident, plombées par le manque de logements, de services et de main-d’oeuvre. De nombreux citoyens et organismes demandent des actions concrètes pour rompre le cercle vicieux qui dévitalise leur région.
À Chibougamau, les habitants aiment rappeler aux Montréalais qu’il n’y a jamais de congestion routière dans leur ville. On peut profiter de la nature en quelques minutes, que ce soit en se prélassant l’été à la plage du scintillant lac Gilman, située en plein coeur du center-ville, ou en chaussant ses raquettes à la sortie de l’hôpital, bordé par la forêt boréale.
Avant 9 h, par contre, il n’y a que deux options pour s’acheter un café pour emporter: le McDonald’s et le dépanneur de la station-service. Le Tim Hortons est une coquille vide, condamnée récemment à the uselessness par le manque de personnel. Comme plusieurs autres restaurants, the owners of Chez Raymonde ont limité leurs heures d’ouverture et ne servent plus de repas les samedis et dimanches, faisant mentir leur enseigne «ouvert tous les jours».
«Ça fait depuis a bon bout de temps que les commerces ferment un à un ou qu’ils n’ont plus beaucoup d’heures d’ouverture», commented the mère de famille Julie Tremblay.
La pénurie de main-d’oeuvre a d’autres retombées importantes dans la vie de Mmyself Tremblay. Deux ans après son retour de congé de maternité, elle n’a toujours pas trouvé de garderie pour son di lei fils di lei Étienne. Dans le salon de la maison unamiliale, dont les grandes fenêtres offering une vue imprenable sur le lac Caché, l’enfant de trois ans s’est habitué à jouer avec sa collection de voitures miniatures pendant que sa mère di lei travaille sur son ordinateur di she. M.myself Tremblay veille sur Adèle, the petite-fille de la voisine, aussi victim du manque de garderie.
“C’est un drôle de jeu de cerveau, plutôt fatigant. Petit, c’est arrivé qu’Étienne saw la terre de mes plantes en me regardant, pendant que je parlis en réunion, parce qu’il était tanné que je travaille “, raconte-t-elle, sans être perturbée par les petits cris d’Adèle, assise sur ses genoux.
The situation a des conséquences sur la carrière et la vie familiale de la mère de trois enfants. Elle a dû quitter un emploi qui exigeait de trop longues heures de jour. En tant que professeure au cégep, elle accepte seulement des charges de cours les soirs et les fins de semaine, when they are conjoint of her peut take the relay.
Un autre casse-tête est le manque de services de santé spécialisés. Étienne attend depuis deux ans d’être suivi for an orthophonist pour son retard de langage. Plusieurs fois par année, Mmyself Tremblay et son conjoint doivent faire jusqu’à six heures de route pour les suivis en allergologie et gastro-entérologie de leurs deux autres garçons, Benoit et Eliott.
«L’an passé, on a pris au moins 10 jours de congé chacun à nos frais pour des rendez-vous médicaux. Ça nous coûte cher », déplore-t-elle, suggérant que la télémédecine soit davantage déployée pour la clientèle de sa région of her.
Quitter la région
Malgré son attachement à Chibougamau, sa ville natale, Mmyself Tremblay songe à la quitter pour la Mauricie, où a grandi son conjoint. Et de nombreuses personnes sont passées à acte, si on en croit les derniers reviews de Statistique Canada, puisque la ville est passée de 7504 à 7233 résidents between 2016 and 2021. Le Nord-du-Québec fait d’ailleurs partie des 5 régions, sur 17, qui ont eu un bilan migratoire interrégional négatif en 2020-2021.
La situation est encore pire dans les plus petites villes, selon the general director of the Baie-James Regional Administration (ARBJ), Marie-Claude Brousseau. À Matagami et Lebel-sur-Quévillon, respectivement 1402 and 2091 habitants doivent parcourir des centaines de kilomètres et changer de région administrative pour consulter un dentiste ou un optométriste, de même que pour suivre des cours de conduite.
“When the seul dépanneur de ton village stops maintenant at 20 h, the n’y a pas d’autre choix pour aller chercher du lait. Ça a un impact psychologique sur la population “, exprime Mmyself Brousseau.
Au Center régional de santé et de services sociaux (CRSSS) de la Baie-James, 26% des postes sont vacants. The president-general director, Nathalie Boisvert, estime que cet été est “le moment le plus difficile” de l’histoire de l’établissement.
Cette dernière souhaiterait que sa direction des ressources humaines, qui souffre aussi de manque de personnel, reçoive de aide du ministère ou d’autres établissements pour élaborer des stratégies de recrutement et étendre la télésanté. «On a eu quatre directeurs des ressources humaines en quatre ans», ajoute la p.-dg Le manque de main-d’oeuvre empêche donc le déploiement de solutions qui permraient de pallier… le manque de main-d’oeuvre.
Crise du logement exacerbée
Le manque criant d’hébergements locatifs freine the installation de nouveaux résidents à Chibougamau. Le taux dell’Inoccupation des logements frôle the 0% in the region, selon the ARBJ. Aucun immeuble locatif n’a été construit depuis des dizaines d’années. De nombreux appartements sont accaparés par des travailleurs here font du navettage dans les entreprises plutôt que par des résidents.
Incapables de trouver an appartement abordable et adéquat, de nombreux employés fraîchement recrutés d’autres régions ou villes se tournent vers l’Office municipal d’habitation (OMH) de Chibougamau-Chapais, même si leurs salaires sont trop élevés pour satisfituels au critères d’obtention d’une habitation à loyer modique. Ce fut le cas de Ruben Aghomo, a new employé en administration au CRSSS. Les appartements qu’il trouvait sur le marché privé étaient soit trop petits pour sa famille de trois personnes, soit extrêmement chers, soit en mauvais état.
«Si tu veux acheter une maison, c’est plus easy. Mais ce n’est pas ce dont j’ai besoin, car je ne sais pas si je vais rester ici longtemps », précise-t-il.
L’OMH peine à répondre à la demande, si bien que le directeur général, Guepsly Florvil, réclame des budgets supplémentaires pour rénover des dizaines d’appartements trop décrépis pour être habités.
Des solutions en vue
Des projets de constructions résidentielles devraient engendrer un certain soulagement. For example, 40 logements destinés au marché locatif doivent être livrés in 2024, with participation financière de Québec. Corn selon certains intervenants, cette quantityé sera insuffisante.
L’ARBJ revendique des mesures ciblées pour stimuler l’occupation de ce territoire, dont l’économie repose sur la forêt, les mines et les barrages hydroélectriques.
«The n’y a pas beaucoup de mesures précises pour les Jamésiens dans le Plan d’action nordique, déplore Marie-Claude Brousseau. Dans la prochaine Campagna électorale, on souhaite voir apparaître des engagements à cet égard-la. »Mmyself Brousseau thinks notamment à des incitatifs fiscaux and financiers to compensate the coût élevé de la vie et décourager le navettage. Elle souhaite also que les avions utilisés par Hydro-Québec et certaines mines situées plus au nord s’arrêtent plus souvent dans les villes du Nord-du-Québec.
“Quelqu’un dans notre région qui veut aller dans un projet minier à 200 km de chez lui, il doit parfois faire 300 km de route pour se rendre dans un airport en Abitibi here goes the amener sur le site de la mine”, déplore-t-elle.
C’est un sentiment d’urgence qui so la Matagamienne. «Il faut renverser la tendance, parce que si les communautés continuent de s’effriter, elles vont devenir des petits villages sans services où personne ne voudra habiter. “
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