Il y avait de amoour dans l’air dimanche soir au Théâtre Maisonneuve alors que Jean-Sébastien Girard – grand nostalgique de la chanson québécoise pop des années 80 et 90 – était entouré de ses muses pour le spectacle JS Tendresse.
Publié at 8h58
Pour ce concert inspiré de l’émission radio qu’il anime à Ici Première, Jean-Sébastien Girard to invite sur scène les plus belles voix de la chanson francophone de l’époque. Ainsi, les Johanne Blouin, Martine St-Clair, Marie Carmen, Marie Denise Pelletier et Joe Bocan, notamment, se sont succédé sur les planches pour pousser la note, qu’elles ont encore puissante et fort juste.
Les spectateurs, déjà conquis, ont réservé aux cinq femmes une déferlante d’amour, multipliant les ovations (on a arrêté de compter à dix …) Il faut dire qu’il y avait quelque chose de jouissif et d’émouvant à voir ces chanteuses expérimentées habiter la scène avec intensité, chacune à sa manière. Marie Carmen dans ses dentelles noires of her, Joe Bocan parée de sa théâtralité of her, Martine St-Clair avec sa voix crystalline et ses éternels yeux de gamine émerveillée …
Jean-Sébastien Girard, qui agissait comme maître de cérémonie, a multipleé les anecdotes personnelles avec la suave autodérision qu’on lui connaît. On the image aisément à 14 ans se gaver de chansons d’amour, son «Walkman Sony jaune» aux oreilles. Sa passion décomplexée de la chanson populaire est d’ailleurs contagieuse et lui a réussi dimanche à faire tomber les dernières barrières des spectateurs, qui n’ont pas hésité à entonner Dors Caroline ou Lavez, lavez comme si leur vie en dépendait.

PHOTO OLIVIER JEAN, THE PRESS
Jean-Sébastien Girard et Benoît McGinnis ont repris en duo un succès signé Daniel Hétu, Je t’attendais.
Une véritable communion qui s’est transformée en fête quand La Compagnie créole est venue mettre le feu à la salle avec Ça fait rire les oiseaux. Quand Léandre est sorti de sa retraite pour reprise Goodbye My Love. Ou quand acteur Benoît McGinnis a livré une version on ne peut plus sensuelle de la pièce Flagrant délitd’Herbert Léonard.
«Vous ne pouvez pas savoir le feeling que j’ai en ce moment », a lancé Johanne Blouin au cours de la soirée. Le public devait s’en douter, puisque la décharge d’amour allait aussi de la scène à la salle. Et les moments à donner la chair de poule n’ont pas manqué …
Les grands succès manquent à appel
Seul hic à cette soirée, mais il est de taille: Marie Denise Pelletier, Marie Carmen et Joe Bocan ont choisi des chansons peu connues de leur répertoire plutôt que d’interpréter les incontournables de leur discographie. Le public a ainsi été privé de Tous les cris les SO S, Entre l’ombre et la lumière ou encore On parle des yeux.
Interrogé à ce sujet, le producteur Martin Leclerc se defend d’avoir voulu garder ces pièces d’anthologie pour une autre occasion, nommément pour le spectacle Pour une histoire d’un soir, qui réunit les trois chanteuses et qui est toujours en tournée à travers le Québec. «C’est une décision qui a été prize par le mettur en scène [Michel Poirier] et l’équipe d’artistes, qui ne voulait pasoffer du réchauffé aux spectateurs. ”
C’est très dommage. Le public qui a payé pour voir ces grandes interprètes à l’œuvre aurait eu droit aux grands succès. On avait plutôt the impression d’être condamné à la face B des microsillons, comme on disait en 1983.
Certes, cette face B était savamment interprétée et a donné quelques doux moments. Mais on croit sincèrement que cette soirée déjà très agréable serait carrément devenue mémorable si l’équipe de production du spectacle avait choisi de donner au public ce pour quoi il s’était déplacé: entendre les plus belles – et les plus célèbres – chansons du réper de chacune et chacun.
JS Tendresse, the spectacles poursuit sa tour (Brossard, Trois-Rivières, Sherbrooke et Québec), jusqu’au 5 septembre.

JS Tendresse, the spectacles
Avec Jean-Sébastien Girard, Johanne Blouin, Martine St-Clair, Marie Carmen et plus encore
Jusqu’au 5 September



