et si le thriller sanglant de Denis Villeneuve était son premier film SF?

Six ans avant “Dune”, the Québécois signait une odyssée lunaire sur le narcotrafic between les États-Unis et le Mexique. A film ancré dans notre époque mais qui, à y regarder de plus près, annonce les œuvres de science-fiction à venir du cinéaste. La preuve en cinq scènes.

The Guerre des mondes

When FBI agent Kate Macer (Emily Blunt, bouleversante de candeur) débarque dans la banlieue de Phœnix, elle découvre l’horreur. The inhumanity. Quarante-deux cadavres ensanglantés gisent emmurés dans une planque de narcos mexicains. Traumatisée, la jeune femme se porte alors volontaire pour une opération clandestine à Juárez aux côtés d’Alejandro Gillick (Benicio Del Torro implacable de cruauté). Mission: decapiter le cartel local. À n’importe that prix… Comme dans les adaptations cinématographiques du roman culte de HG Wells (1898) par Byron Haskin (1953), puis Steven Spielberg (2005), c’est la surenchère à la barbarie. Le mal a infesté les deux camps. Tourné in 2015, Sicario («Tueur à gages») incarne ainsi the démesure de impérialisme américain sur le Mexique moderne… here le he rend bien.

Seoul sur Mars

Des monts rougeoyants auréolés de cratères irises, sur fond de bruit blanc… Sa première incursion américaine à la frontière mexicaine – zone de non-droit dépeuplée -, Denis Villeneuve a slow filmée du ciel, comme une épopée spatiale. On croirait soudain survoler une autre planète aux commandes d’un vaisseau fantôme, à la conquête d’un territoire hostile. Inconnu. Bienvenue dans le néant. Sous la fournaise, ce desert martien représente à merveille le fléau insidieux qui gangrène les deux États voisins: le trafic d’héroïne et ses innombrables victimes collatérales. It is the image of Matt Damon chez Ridley Scott, on est envahi par un sentiment de solitude extrême, mêlé d’effroi.

Le Blob

Cinq véhicules blindés foncent vers Juárez. “The Beast” (“La Bête”), comme la définit an agent of the CIA. Located in the north of the État de Chihuaha, facing the Texas villas of El Paso, with an agglomeration of more than 2.5 millions of habitants respecting the status of the “world capital of crime”. Au menu: trafic humain, enlèvements, viols, séquestrations, féminicides, décapitations … Porté par la banda-son cosmique – fabuleusement anxiogène – du compositeur islandais feu Jóhann Jóhannsson (here at également signé en 2016 la BO de Premier Contact, le premier vrai film de SF de Villeneuve), le débarquement des Yankees à Juárez laisse présager du pire. Cette non-ville, qui s’étend sur 321 kilomètres carrés et semble décolorée par des températures extrêmes, se révèle monstrueuse. On dirait le blob, the rampant créature, ni animali ni végétale, here double chaque jour de taille. Et menace de tout engloutir, comme dans le nanar culte de Chuck Russell (1988).

Le Voyage dans la Lune

Pour capturer Manuel Diaz, the chefs du cartel de Juárez, the CIA and the DEA décident de mener a raid dans un tunnel reliant Arizona au Mexique. Camouflé sous une carcasse de voiture, en plein no man’s land, the permet aux narcotrafiquants d’acheminer chaque jour des tonnes de came sans être inquiétés par la police, les militaires et les garde-frontières – à qui profite aussi le crime, hélas. Cette nuit-là, les soldats américains if sont équipés de jumelles infrarouges. On dirait des cosmonautes. Tournée en caméra subjective – tantôt en négatif noir et blanc, tantôt en vert pixelisé – ou par images satellite, la séquence suit leurs déambulations désertiques. Sicario nous téléporte à nouveau sur une autre planète: la Lune. Corn contrairement au chef-d’œuvre muet de Georges Méliès (1902), nulle place ici à la poésie. C’est juste glaçant.

Alien, le huitième passager

Denis Villeneuve imagined la scène du tunnel comme la traque d’une extraterrestrial créature. Une sorte d’hydre invincible qui incarnerait le fléau du narcotrafic. When on him coupe une tête, il en repousse toujours deux. Décidément sous influenza de Ridley Scott, le cinéaste québécois – qui, rappelons-le, adaptera son Blade Runner deux ans après Sicario – rend hommage au mythe fondateur de la saga Alien (1979). Sauf qu’ici, l’ennemi remains invisible. Elliptique. Seuls des échanges de coups de feu semblent attester knows presence of him. Mitraillette au poing, la peur au ventre, agent Kate Macer déambule prudemment sous terre. Ce boyau n’est pas sans rappeler les couloirs effrayants du cargo Boatswain du lieutenant Ellen Ripley (inoubliable Sigourney Weaver) à la poursuite du monstre created by the artist suisse HR Giger. Au bout du tunnel, the n’y a pas non plus de lumière. La desolation et la mort attendent au tournant, comme tapies dans l’ombre.


À voir
r Sicario, 20.55, Art.

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