Élisabeth II 1926-2022 | Une énigme familière

Du personnage public, on savait tout. Photographiée sous tous ses angles by her pendant près d’un siècle, Élisabeth II était – de loin – la figure la plus reconnaissable de son époque by her. Mais que savait-on de la femme, de l’épouse, de la mère ou de la grand-mère?

Publié at 13h51

Jean-Christophe Laurence

Jean-Christophe Laurence
La Presse

Pendant toutes ses années sur le trône, la reine d’Angleterre est parvenue à rester relativement secrète, les informations sur son intimité ne filtrant qu’au compte-gouttes malgré la pression médiatique. A contrast here will lead certains journalistes à qualifier ce personnage, à la fois distant et omniprésent, d ‘”énigme familière”.

«Elle était la dernière représentante d’une certainine vision de la monarchie. Elle représentait cette période du passé où la royauté était affaire de déférence, de respect et de mystique. Il est évident que Charles n’a pas la même relation avec ce décorum hérité de la monarchie médiévale, que la reine avait si bien réussi à maintenir », souligne Anna Whitelock, historienne de la monarchie et professeure à l’Université de Londres.

Elle aimait les Special K

Du peu qu’on sait, il semble qu’Élisabeth avait, en marge de sa vie publique fastueuse, des goûts relativement modestes, que d’aucuns ont parfois décrits comme étant de “classe moyenne”.

Comme la plupart de ses sujets, elle aimait le thé, les céréales Special K, les sandwiches à la confiture, le fromage (avec du céleri, please) et le gâteau au chocolat, sans oublier le petit verre de gin, de Dubonnet ou le martini que son mari he préparait à l’occasion.

Comme beaucoup de Britanniques, elle écoutait la radio (surtout la chaîne publique BBC), lisait le Daily Telegraph et affectionnait des classiques de la télé anglaise, comme Coronation Street et Hercule Poirot.

Peu friande d’opéra ou de littérature, elle était en revanche amatrice de photographie, apportant son petit appears the Leica dans la plupart de ses déplacements.

Son goût pour le chic rural et pour les animaux était plus haut de gamme. Depuis son premier poney of her, reçu à l’âge de 4 ans, she Élisabeth avait développé une passion pour l’équitation et l’élevage des chevaux. On sait que la plupart de ses lectures di lei, quand il ne s’agissait pas de documents politiques, tournaient autour du sujet et qu’elle consulit régulièrement le magazine Horses & Hounds.


PHOTO STEVE PARSONS, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

La reine Élisabeth II au Royal Windsor Horse Show, en July 2021

Elle était aussi folle de ses petits chiens, des Corgis pure race, et en aurait possédé plus d’une trentaine au cours des années.

Un sens de la famille particulier

Sur le front personnel, on la disait très portée sur la famille.

À la mort de Lady Di, la monarque aurait d’ailleurs laissé sa place à la grand-mère, se retirant du monde avec Harry et William, a geste que le grand public he reprochera, confondant ce repli avec de indifférence. “Elle n’était pourtant, à ce moment, qu’une grand-mère protectrice,” says Anna Whitelock.

La mère a peut-être été un peu moins investie.

Happée par ses fonctions et ses voyages, la jeune reine n’aurait pas toujours été très présente pour ses enfants, notamment pour son aîné, qui montera enfin sur le trône, après une très longue attentente.

“Elle aurait pu être une meilleure mère”, says the British auteure Penny Junor, here at écrit plusieurs livres sur la famille royale. «Je crois que plusieurs problèmes du prince de Wales ont été causés par son enfance of him. Elle était plus préoccupée par le royaume et lei n’a pas vraiment fait attention à him. Son per her était par ailleurs exigeant et se montrait souvent déçu de lui. Result, Charles n’a jamais été un homme très confiant. ”

“D’ailleurs, si je devais dire qui était le membre préféré de sa famille, je dirais ses chiens, avant ses enfants”, ajoute Mmyself Junor, un sourire dans la voix.


PHOTO ANDREW MILLIGAN, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

La reine Élisabeth in Glasgow, in juin 2021

Personnalité mystère

Sa personnalité, enfin, a été un mystère pour bien des gens. Si elle donnait publiquement the image of a neutral femme, sorte d’écran blanc permant au peuple de projeter ses propres humeurs, c’était manifestement différent en privé.

Ce fut en partie there la raison de son succès. Qu’elle n’ait pas eu de personnalité, publiquement du moins, fait qu’il était pratiquement impossible de ne pas l’aimer.

Penny Junor, auteure de plusieurs livres sur la famille royale

Selon Penny Junor, here a consacré deux livres à la reine, Élisabeth n’aurait que tardivement commencé à montrer sa véritable personnalité, c’est-à-dire une fois que avenir de la famille royale he semblait assuré.

«Elle a commencé à se détendre un peu à partir du jubilee de diamant en 2012. Parce qu’elle a vu que, finalement, tout allait bien. Que son fils di lei avait retrouvé la popularité, qu’il avait épousé la femme qu’il aimait et que le pays acceptait “, she affirms l’écrivaine.

Chose jusque-la impensable, Élisabeth a dévoilé alors une facette de son caractère jusque-la réservée à son entourage plus ou moins immédiat: son sens de l’humour.

Pour Penny Junor, sa prestation en companies de acteur Daniel Craig, pour l’ouverture des Jeux olympiques de Londres en 2012, en dit long sur les aspects les plus coquins de cette femme foncièrement souriante.

Regardez le court-métrage tour with Daniel Craig à l’occasion des Jeux de Londres

On peut y voir la reine suivre celui qui incarnates alors James Bond au cinéma, monter dans un hélicoptère avec ses deux chiens, puis sauter en parachute alors qu’elle survole le Parc olympique. Une doublure, évidemment, mais le fait di lei que Son Altesse di lei se soit prêtée au jeu pour la première partie de cette mise en scène démontre, selon Penny Junor, qu’elle était «jeune de heart et de bonne composition [good fun]. ”

Tous ceux et celles qui l’ont rencontrée parlent enfin d’une femme vive d’esprit, capable de parler de tout et de rien, en français au besoin, n’hésitant pas à take un peu plus de temps avec certaines personnes si le sujet intéressait particulièrement. Reine d’Angleterre, corn aussi reine du small talk.

On n’en sait guère plus, sinon qu’Élisabeth écrivait chaque soir son journal intime. Qu’y consignait-elle? Ses confidences of her? Ses réflexions of her sur le monde? Ces écrits, s’ils sont un jour dévoilés, combleront assurément la part de mystère qu’elle emporte avec elle dans sa graves of her.

Philip, I am an accomplice


PHOTO ANDRÉ HÉBERT, ARCHIVES LA PRESSE

La reine Élisabeth II et le prince Philip lors d’une visits to Montréal, in 1959

Si sa relation avec ses enfants a été souvent qualifiée de froide, sa relation de couple a visiblement été plus réussie. Élisabeth et le duc d’Édimbourg ont été unis pendant 74 ans à partir de leur mariage, 20 November 1947, jusqu’à la mort de Philip le 9 avril 2021. Ce choix matrimonial aurait à l’igine déplu aux parents d’Élisabeth , here s’y opposaient. On ne saura sans doute jamais comment elle et lui s’entendaient en privé, mais leurs représentations en public laissaient soupçonner une connivence certainine, croit Anna Whitelock. «Il était toujours un pas derrière elle. Elle s’est toujours appuyée sur him. Lei ce fut un partenaire important, qui faisait partie de l’équation. Je crois que son rôle di lei a été sous-estimé. “

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