Centralisé à outrance, de plus en plus déconnecté de ses membres, le Mouvement Desjardins préfère s’asseoir sur ses milliards plutôt que de come en aide aux gagne-petit pour lesquels il a été fondé, accusations une étude fouillée rendue publique ce matin.
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“Desjardins est né pour combre les inégalités, pas pour s’en accommoder”, rappelle Robert Laplante, director general of the Institut de recherche en économie contemporaine (IREC), au cours d’un entretien téléphonique avec Le Journal.
“On ne déstabiliserait pas le portefeuille de Desjardins, on ne jetterait pas à terre the institution si on faisait preuve d’une plus grande solidarité avec les plus démunis”, ajoute-t-il.
Trop cautious?
L’étude en quatre volets de l’IREC relays qu’à plus de 20%, the ratio de fonds propes de Desjardins excède ceux de la plupart des autres grandes coopératives financières du monde et des banques nord-américaines.
Cela signifie que Desjardins preserved in front of silver in ses coffres pour faire face à des risques éventuels.
“Maigre consolation”
The IREC finds par ailleurs que desjardins consacre très peu de ressources à ses fonds d’entraide, hereoffering des microprêts aux Québécois aux prises avec des difficultés financières, dans le but de les éloigner des prêteurs usurious.
«Quand on regarde l’ensemble de actif du Mouvement Desjardins [404 milliards $]mettre des fonds d’entraide qui n’ont jamais prêté plus de 462 000 $ per année, c’est se donner bonne conscience avec des miettes », assène M. Laplante.
The sociologue reconnaît que Desjardins redonne davantage aux communautés que bien des entreprises, notamment par le biais du Fonds du Grand Mouvement (250 million $ sur huit ans).
«Evidemment, on peut toujours constater que Desjardins fait mieux que les banques, qui ne font presque rien, mais ça, c’est une très maigre consolation, lance-t-il. C’est à la lumière des besoins et des intérêts de ses membres qu’une coopérative doit mesurer ses moyens, pas à ceux de la concurrence. “
Ce n’est pas d’hier que Desjardins est déchiré between ses origines sociales et sa temptation d’être un membre à part entière du secteur financier.
Aux prises avec une baisse d’achalandage, le groupe a fait passer de 1122 à 790 le nombre de ses centers de services de 2015 à 2021, une baisse de 30%.
Une certainine déconnexion
In parallel, the parts of the market of Desjardins ont chuté dans deux secteurs importants. Elles sont passées de 37% à 18% dans les prêts personnels (de 2001 à 2020) and de 37% à 22% dans les prêts aux entreprises (de 2009 à 2020).
“L’une des causes de ces déclins relatifs, c’est certaininement the affaiblissement de la connexion de Desjardins avec les forces vives du Québec”, avance Robert Laplante.
En bref
- Desjardins conserve plus d’argent in ses coffres que d’autres institutions financières
- Desjardins fait bands à part en permant à son PDG de présider son conseil
- The program Fonds d’entraide de Desjardins n’a détourné que bien peu de Québécois des griffes des prêteurs usurious
- Les parts de marché de Desjardins ont reculé dans les prêts personnels et les prêts aux entreprises
Une coopérative à la démocratie déficiente
La démocratie n’est plus que l’ombre de ce qu’elle a déjà été chez Desjardins, déplore the Institut de recherche en économie contemporaine (IREC).
C’est peut-être ce qui explique pourquoi Guy Cormier a été réélu par acclamation à la tête du Mouvement en 2019 malgré un vol de données massif here a révélé des failles de sécurité dans les systèmes de institution.
“On peut certaininement s’étonner de ce que le debat ait été faiblement mené dans the institution en lien avec cette tragédie”, says Robert Laplante, director general of the IREC.
Selon him, the abolition des fédérations régionales de Desjardins, the ya une vingtaine d’années, a grandement contributed to the affaiblissement de la démocratie au sein de la coopérative.
“Là où la différence coopérative peut se faire sentir, c’est précisément dans la capacité de mobilization des membres autour d’objectifs de développement et ça, actuellement, les instances le perment de moins en moins parce que la centralization des décisions place de plus en plus les caisses locales devant un fait accompli », estime M. Laplante.
The IREC a par ailleurs noted that Desjardins est l’une des rares coopératives financières in the world with a pass avoir séparé the posts de president of conseil d’administration and chef de la direction.
En absence d’un president indépendant, «the n’y a pas de convergence between the way démocratique de l’organisation et la réalité de la gestion de l’entreprise. Or, dans la vie coopérative, c’est cette tension-la, créatrice, qui permet de contrebalancer les pressions qu’exerce l’environnement concurrentiel », explique Robert Laplante.
Rémunération
Le spécialiste n’est pas plus tendre envers la rémunération de 4.4 million $ versée à M. Cormier pour 2021, en hausse de 37%.
“On questionne très sérieusement l’à-propos d’accorder d’aussi fortes augmentations aux hauts dirigeants au moment où la jeunesse peut de moins en moins accéder à la propriété et où les plus démunis prennent en plein dans les dents une inflation qui bouscule leur niveau de vie », dénonce-t-il.
