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Inscrit en deuxième année aux Beaux-Arts de Paris, Merveille Kelekele, 21 ans, a la niaque. L’étudiant congolais est impatient d’y retrouver, mardi 13 septembre, son chevalet et ses pinceaux di lei. When the première année peineront à trouver leur chemin, he circulera sans peine dans le dédale des bâtiments et des cours classées de ce millefeuille très «ancien monde», installed in 1817 quai Malaquais, face au Louvre. Merveille Kelekele a tout assimilé des codes of contemporary art and techniques dispensées par son professeur référent of him, the artist Stéphane Calais. “J’ai eu une première année magnifique”se félicite-t-il, savourant sa chance d’avoir déjà exposé et vendu.
Nor dans une petite ville de République démocratique du Congo (DRC), Merveille Kelekele in large trop lives. Enfant, il a assumé le rôle of him si ce n’est de chef de famille, du moins aide de camp, en prenant soin de sa fratrie of him. At 9 years, his parents in Europe, au Portugal tout d’abord, avant le déménagement à Saint-Etienne. Aussi loin qu’il s’en souvienne, Merveille Kelekele a aimé dessiner. Artists, c’était son destin of him, que rien n’est venu contrarier. “Ma mère était hésizzante, mais mon père a su la convaincre”sourit le jeune homme, reconnaissant que «Les familles africaines ne sont pas réceptives à ce type d’orientation».
A peine 10% des étudiants en école d’art Deviennent artistes, the majorité s’orientant vers des métiers créatifs tels que graphiste ou designer. L’quiétude quant aux débouchés professionnels explique en partie le faible nombre d’étudiants africains en école d’art. En cette rentrée, Merveille Kelekele fait encore exception, tout comme Anges Lognon avant lui.
“On s’entend souvent dire que art, c’est un truc de Blanc, un luxe qu’on ne peut pas s’offrir, de l’ordre du plaisir ou de la détente”, rebondit cette Ivoirienne de 28 ans, fraîchement diplômée de l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs (Ensad), in Paris. A cursus qu’elle a embrassé avec passion et acharnement. «On m’a dit: quitte à faire un métier“ non essentiel ”, autant être la meilleure! “rigole-t-elle.
Passée par plusieurs établissements avant d’achever ses études à l’Ensad, Anges Lognon n’a rien oublié de l’angoisse des rentrées scolaires. “Je comptais à chaque fois le nombre de personnes noires et je me rapprochais d’ellesraconte-t-elle. Ce n’était pas du communautarisme, corn une façon de me rassurer dans un paysage majoritairement blanc. “ Yes elle salue une école here “Aide les élèves, sans distinction”elle a mal vécu sa première année à l’Ensad. “On ne se sent pas toujours à sa place”souffle-t-elle.
Hausse des frais de scolarité
D’un naturel optimiste, Merveille Kelekele préfère ignorer les petites remarques des uns, la sollicitude trop prononcée des autres, “Qui veulent montrer qu’ils ne sont pas racistes”. Il entend bien la gronde de certains de ses camarades of him qui peinent à trouver leurs marques of him. Mais à ses yeux of him, “Il ya une différence between the élèves africains venant d’Afrique, comme moi, et ceux nés en Europe, qui sont plus sensibles, plus révoltés, qui s’imaginent avoir été choisis pour remplir une politique de quotas”.
Dans les deux grandes écoles parisiennes, on ne recense qu’une dizaine d’étudiants africains
Directeur de l’Ecole supérieure d’art d’Annecy (Esaaa), Stéphane Sauzedde le déplore: «In the 45 écoles d’art en France, the Afrique est le continent le moins représenté de tout le contingent étranger. “ The situation vari d’une ville à autre. Aux Beaux-Arts de Marseille, the mobility of the Mediterranean pourtour facilitates the accueil d’étudiants du Maghreb et d’Afrique subsaharienne. Dans les deux grandes écoles parisiennes, en revanche, on ne recense qu’une dizaine d’étudiants africains.
La faute, d’après Stéphane Sauzedde, aux “Mauvais signaux” envoyés par la France. En 2018, au moment même où Emmanuel Macron annonçait la restitution de 26 trésors royaux au Bénin, son premier ministre de l’époque, Edouard Philippe, décrétait the augmentation of 1 400% des frais de scolarité pour les étudiants non ressortissants de l ‘ European Union. A cette aune, an inscription en master pass of 243 à 3 770 euros!
The Association nationale des écoles supérieures d’art et design publiques (Andea) s’est tout de suite mobilisée, appelant dans une tribune publiée en décembre 2018 par The Quotidien de art to “Un monde dans lequel l’axe Sud-Nord n’est pas une succession de murs et de barbelés doublés de guichets où l’on paye en dollars ou en euros”.
Les écoles nationales n’ont jamais changé leurs tarifs, fixés par le ministère de la culture, here in choisi de ne pas trier les élèves selon leur nationalité. Les établissements municipaux, qui sont les plus nombreux, peuvent en revanche appliquer une tarification différenciée. “Si on pratique une distinction économique, les premiers pénalisés sont les étudiants africains”, protests Stéphane Sauzedde, here, dans son école, refuse un système à deux vitesses. Et de regretter que «Les écoles d’art gardent massivement the image de lieux élitistes où se joue la reproduction culturelle et sociale».
Des objets importés et inadaptés
Cet automne, la revue Afrikadaa, créée par the camerounaise artist Pascale Obolo, publiera justement un numéro spécial titulé «Racisme, silence, mobilization: où en sont les écoles d’art? “. Y seront reviewed les expériences et les doutes des étudiants noirs en France, mais aussi les pratiques here, “Geste par geste, forms après forme”contribent à changer women.
Emmanuel Tibloux est de ceux qui, par petites touches, font bouger les lignes. Le patron de l’Ensad a récemment créé un poste d’études postcoloniales et décoloniales au sein du collège «Histoire, théorie, critique». Pour élargir le specter social et géographique des étudiants, il a développé an dernier avec les Ateliers Médicis, à Clichy-Montfermeil, une école d’un genre nouveau, La Renverse, destinée aux jeunes de Seine-Saint-Denis. Sur quinze élèves inscribed in 2021, douze étaient of African origin, pour moitié du Maghreb. «On a beaucoup à apprendre des étudiants africainsEmmanuel Tibloux insists. Ils apportent à notre école une logique de pensée qui n’est pas basée sur the innovation, mais sur the artisanat et la réparation. “
Comme Thierno Sidy Barry. Le jeune Guinéen a fait ses armes à l’Ecole nationale supérieure d’art et de design de Limoges, avant d’intégrer cette année le post-master “Design des mondes ruraux” de l’Ensad, dispensé dans la petite commune de Nontron (Dordogne). Le jeune boursier, qui fera sa rentrée le 20 septembre, rappelle que “Le design n’existe pas ou peu en Guinée”. Le pays, en effet, importe des objets qui, souvent, sont inadaptés au contexte comme aux usages locaux.
“Je viens d’un pays pauvre et dans mes projets, j’essaye de réduire les coûts pour permre à tout un chacun de profiter du design”, ajoute Thierno Sidy Barry. The le sait déjà, a thème prévu au programme the intéressera au plus haut point: the question de l’eau. Un sujet crucial dans son pays natal di lui, où l’oro bleu se fait rare.
