Jonathan Drouin était fier. Avec raison. Son tournoi de golf by him venait de permre de récolter 1 163 626 $ pour la Fondation du CHUM. C’est donc avec le sourire que l’attaquant du Canadien s’est présenté au micro de Mario Langlois, mardi, pour une entrevue de 20 minutes.
Published on 3 September
L’animateur des Amateurs de sports he a posé des questions sur son opération au poignet. Sur l’identité du futur capitaine du club. Sur Martin St-Louis, sous les ordres duquel Drouin n’a disputé que deux matchs, avant de se blesser.
“Sens-tu que [Martin] veut t’aider? He asked Langlois.
“Oui. Je ne suis pas inquiet. J’ai rarement eu un coach capable de coacher individellement comme ça. Chaque joueur est différent. Il te voit comme ça. Je ne suis pas comme le gars à côté de moi. On a des qualités différentes. Je pense que Martin est capable de voir ça avec un bon œil. ”
Une réponse lisse, lisse, lisse. Comme la glace d’un lac en février.
The site Dans Les Coulisses en a fait un article. Encore there, du contents lisse, lisse, lisse. DLC a relayé aux 100 000 subscribers de son compte Facebook. Et there, c’est devenu cahoteux.
“Tayeule. ”
«Qu’il ferme sa grande yeule. ”
“Débarrasse Drouin. ”
«Décriss. ”
“Pu capable de l’entendre, criss de jambon. ”
«Commence déjà à licher au mois d’août. ”
«Dewors le jaune. ”
«Encore Drouin. Qu’il la ferme dont he et se concentrate sur son mental of her. ”
J’arrête ici. Ça donne une bonne idée du ton de la conversation, qui s’étire sur des centaines de commentaires. Pour les non-initiés, je précise que Jonathan Drouin n’a commis aucune inconduite. The ne tue pas de bébés phoques non plus. Au contraire. Il vient plutôt d’aider la fondation d’un hôpital montréalais à amasser plus de 1.1 million, and the tente de revenir au jeu après une opération important …
Is that moment, dans l’histoire, est-il devenu socialement acceptable de publier de telles insultes? To take a porte-voix pour crier «Décrisse», «Crisse de jambon» or «Dewors le jaune»? De déployer une banderole dans un stade, sur laquelle il est écrit «Décâlisse Gilmore»?
Le nouveau défenseur du Canadien, Michael Matheson, a déjà reçu des menaces de mort sur les réseaux sociaux à la suite d’une mise en échec contre un joueur des Canucks de Vancouver. Maxime Comtois, des Ducks d’Anaheim, a reçu des invitations au suicide on Instagram après avoir raté un tir de pénalité au Championnat mondial junior. Ça fesse.
Ces messages peuvent avoir des conséquences. La joueuse de tennis canadienne Rebecca Marino quitté la competition pendant près de cinq ans, en raison de intimidation dont elle était victim sur les réseaux sociaux. Des entraîneurs de la LHJMQ m’ont confié avoir ramassé des joueurs de 16 ou 17 ans à la petite cuillère, à cause de commentaires publiés on the web.
Quand en sommes-nous arrivés there? Et comment?
Je comprends qu’un partisan puisse détester un joueur de hockey. Déplorer son style de jeu of him. Son manque d’effort of him. Son individualism of him. Regretter sa prize de décision of him. Se désoler de le voir rater des filets déserts à répétition. Aucun problème avec ça. Sauf que ces critiques doivent être formulées avec respect et civisme. Oui, c’est possible – et pas très compliqué.
Corn les fans, eux, se foutent des conventions sociales. De la portée de leurs mots. Du bien-être de l’Autre. L’insulte est l’arme du faible? Pas à leurs yeux. Plus leur message est vulgaire, plus ils sont satisfaits. Plus ils emploient le mot «crisse», plus ils se sentent brillants. Même s’ils sont incapables de l’écrire sans faute.
Est-ce que je fais leur jeu, en publiant leurs propos?
Not. Face à intimidation, il vaut mieux agir plutôt que se taire.
Ça fait une dizaine d’années que je gère des situations comme cella-là. D’abord comme patron au journal, puis comme chroniqueur. Par expérience, lorsque les barbares du web sont exposés, leur courage s’envole. Ils passent en mode défensif. Leur grand classique: utiliser leur miroir, et blâmer les médias. Aux sports, ça revient à accuser les journalists de chasser les joueurs vedettes de Montréal.
Hmmm …
Tous les jours, je lis La Presse. Le Journal de Montréal. The Athletic. The Gazette. J’écoute les chroniques sportives à Cogeco, BPM Sports, TVA Sports, RDS et Radio-Canada. Oui, les journalistes affectés à la couverture sont capables de critiquer les joueurs. Corn not, ils ne les attaquent pas. Ils ne les vilipendent pas. Ils ne les humilient pas. Vous n’entendrez jamais Renaud, Marc-André ou Luc say “tayeule”, “débarrasse” or “dewors le jaune” à un joueur. Pas plus que Richard, Guillaume et Simon-Olivier ne s’acharneront sur un joueur blessé, ou qui revient d’une opération, par exemple.
The problème, ce ne sont pas les journalistes.
Ce sont les hooligans du web.
Et malheureusement, tant que Facebook et Twitter preferably developper des algorithmes pour nous pousser des annonces de grille-pain, plutôt que d’arracher la mauvaise herbe qui pousse dans leur cour, on restera pognés avec eux.



