Bulletins télévisés | Contrer l’évitement des mauvaises nouvelles

Kim a récemment «tiré la plogue» sur l’actualité, y compris les bulletins télévisés. The pandémie, the inflation, the pénuries, the guerre en Ukraine, the politique américaine… Les nouvelles étaient devenues trop «pesantes», surtout en condensé.

Publié at 8h00

Marc-André Lemieux

Marc-André Lemieux
La Presse

“C’était anxiogène. J’étais tout le temps en cr * sse! Pour ma santé mental, j’ai décroché », explique la Montréalaise de 41 ans.

Kim est loin d’être un cas isolé. Une enquête du Digital News Report of the Institut Reuters parue au début de l’été dénote un accroissement d’un phénomène qu’on appelle l ‘évitement actif’ des nouvelles, une expression qui évoque une décision délibérée d’esquiver l ‘ actualité, entre autres parce qu’elle influe négativement sur l’humeur.

Les mauvaises nouvelles peuvent effectivement s’accompagner d ‘”effets rebonds émotionnels”, des “micro-émotions” qui peuvent persister pendant quelques heures chez certains téléspectateurs plus sensibles, explique le neuropsychologue et professeur de psychologie à l’Université du Québecé à Montréal Richer.

“Chez certaines personnes, ça arouses a sentiment of impuissance face aux grandes forces sociales et économiques. Ça leur donne the impression d’être moins que ce qu’elles sont vraiment. Se faire rappeler continuellement qu’on n’a pas le contrôle sur grand-chose, c’est dur moralement, illustre-t-il. Je comprends qu’on puisse avoir envie de quitter une source de stress pareille. ”

A préoccupant phénomène

The progression de l’évitement actif préoccupe, à divers degrés, les trois chaînes généralistes québécoises qui présentent des bulletins quotidiens d’alformation, TVA, Radio-Canada et Noovo.

La cheffe d’antenne de TVA Sophie Thibault conçoit qu’elle doive “rapporter les histoires importantes”, mais elle reconnaît par ailleurs qu’un concentré de mauvaises nouvelles, “ça déprime le monde”.

«C’est quoi, the intérêt public de parler d’un gars qui rentre dans des faons en voiture en sacrant? Ça women quoi? Qu’est-ce qu’on envoie comme charge aux gens qui écoutent? J’étais à la maison when c’est arrivé, et j’ai changé de poste “, says the animator of TVA Nouvelles 17 h et 18 h.


PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Sophie Thibault, TVA antenna cheffe

D’après Sophie Thibault, the faut s’abstenir de “bombarder les téléspectateurs d’horreurs”. D’autres stratégies sont préférables.

On peutoffer aux gens de belles histoires sans qu’elles soient bonbon ou fleur bleue. On est des humains, on a besoin d’espoir.

Sophie Thibault, antenna cheffe

À Radio-Canada, on refuse d’adapter the contents of the bulletins of information for retenir the téléspectateurs susceptibles de déserter les ondes, épuisés des sujets lourds.

«Est-ce qu’on bâtit le fil conducteur du Téléjournal en disant: “Faut pas avoir trop de nouvelles déprimantes?” La réponse, c’est non ”, commented the general director of the information du diffuseur public, Luce Julien. «Se priverait-on d’une nouvelle parce qu’elle est difficile à entendre? Not plus. ”

“On n’a pas un mandat de bonnes nouvelles. Sinon, on faillirait à our mission of informing the public about the important actuality », ajoute-t-elle lei.

Radio-Canada se permet toutefois de toucher au contaant. La façon d’amener l’oeil information fait l’objet de réflexions continues.

The société d’État s’intéresse également au journalism de solution, a type de journalism qui gagne du terrain en proposant des clés pour résoudre le problème soulevé.

«Que ce soit en santé, en environnement… On essaie de voir, ailleurs dans le monde, s’il ya des modèles qui fonctionnent, qui pourraient nous guider, qui pourraient nous enseigner des leçons», souligne Luce Julien.

Chez Noovo, the nouvelle cheffe d’antenne Marie-Christine Bergeron croit qu’en modulant le ton des émissions of information, on peut faciliter l’expérience pour beaucoup.


PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Marie-Christine Bergeron, cheffe d’antenne in Noovo

Voilà pourquoi elle souhaite will establish an ambiance «décontractée» au Fil 17. «J’aime quand c’est détendu. On peut sourire quand l’actualité s’y prête. Des fois, the faut souffler. On sort d’une pandémie, on sort d’une période très sombre et difficile. On s’en va peut-être vers quelque chose d’aussi noir. On parle de récession, de difficultés économiques, etc. When on peut trouver a petite façon d’accrocher un sourire aux téléspectateurs, on doit la Prendre. Ça peut faire du bien. Ce n’est pas parce que c’est un bulletin de nouvelles qu’on doit être toujours sérieux. ”

L’écoute peu touchée

Point positif for TVA, Radio-Canada and Noovo: the montée de l’évitement actif ne semble pas nuire aux cotes d’écoute des great bulletins of information. Pour the instant.

President of the agency dentsu Québec, Geneviève Guay n’a relevé aucun “movement significatif” au cours des dernières années. Les plus récents résultats d’écoute seraient semblables aux niveaux prépandémie, souligne-t-elle.

D’après une étude de ThinkTV, parue en juillet et concoctée à partir des données Numéris de l’Automne 2021, les adultes québécois regardent près de 30 millions d’heures d’émissions de nouvelles par semaine, soit 22% du temps total qu ‘ils passent devant leur téléviseur.

Les nouvelles arrivent derrière les séries de fiction (23%), mais devant les émissions d’intérêt général (18%), les films (13%), les téléréalités (12%) and l’ensemble des rendez-vous sportifs (9 %).

D’après le neuropsychologue François Richer, les diffuseurs doivent néanmoins adapter leurs bulletins parce qu’ils risquent de perdre des clients. The encourage notamment une meilleure contextualization des nouvelles.

«Il devrait y avoir moins d’actualité donnée sans perspective à long terme. Les journalists pourraient fournir des scénarios optimistes et pessimistes. Il faut surtout freiner la tendance à l’exagération, estime-t-il. Non, les États-Unis ne deveendront pas une dictature à cause de Donald Trump. Not, COVID-19 ne veut pas dire qu’on va perdre la moitié des gens. ”

«Les médias veulent le beurre et l’argent du beurre. Ils veulent l’effet choc, mais sans accepter les conséquences. Ils sont comme des vendeurs de sucreries ou d’héroïne: ils sont contents d’avoir une clientèle captive, mais quand leurs clients tombent malades, ils s’étonnent d’en perdre. ”

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